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Réduire la pollution de l’air peut sauver des vies très rapidement

La pollution atmosphérique désormais liée à aux troubles neuropsychiatriques Crédits : Flickr / David Leo Veksler

Une étude suggère que le fait de réduire la pollution de l’air entraîne des avantages quasi immédiats sur la santé humaine. Les détails de ces travaux ont été publiés dans les Annals of the American Thoracic Society 

Les études sur la pollution de l’air portent généralement sur les conséquences négatives en matière de santé. Nous savons par exemple que la pollution affaiblit le système immunitaire sur plusieurs générations et qu’elle est un facteur déclenchant et aggravant de l’asthme. Elle est également liée au trouble bipolaire et à la dépression. Dernièrement, nous avons appris que les particules les plus fines pouvaient atteindre le placenta pendant la grossesse, affectant possiblement les nourrissons.

Ce que nous apprend cette nouvelle étude, c’est que le fait de réduire la pollution de l’air peut avoir des conséquences positives immédiates sur notre santé.

Moins d’hospitalisations, et moins de décès

Pour illustrer ces conclusions, ce nouveau rapport du Comité de l’environnement du Forum des sociétés respiratoires internationales (FIRS) détaille plusieurs exemples.

« Certains des effets sont assez frappants », explique en effet le Dr Dean Schraufnagel, principal auteur de l’étude. Il cite notamment les Jeux olympiques d’été de 1996, durant lesquels la ville d’Atlanta a privilégié les transports en commun et fermé certaines parties de la ville aux voitures. En conséquence, peut-on lire, les niveaux quotidiens d’ozone ont chuté de 28 %, et au moins pendant un mois le nombre d’enfants hospitalisés pour des crises d’asthme a chuté de plus de 40 %.

Même constat à Pékin en 2008 après des restrictions mises en place pour limiter le trafic des voitures dans le centre-ville. Les niveaux de pollution de l’air, ici encore, avaient chuté. Résultat, les visites chez le médecin pour des problèmes d’asthme ont diminué. Il y a également eu beaucoup moins de décès par maladie cardiaque ou accident vasculaire cérébral.

Le rapport cite également les exemples de l’interdiction de fumer dans les bars publics en 2004 en Irlande. Peu de temps après, les taux d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiaques ont aussi chuté. Tout comme les hospitalisations pour problèmes respiratoires dans la vallée de l’Utah suite à la fermeture d’une aciérie pendant 13 mois. Peu après sa réouverture, ces admissions ont immédiatement rebondi.

Ce ne sont ici que des exemples, mais le message principal est le suivant : « la pollution affecte le coeur, les reins, le cerveau. Elle est associée à des risques plus élevés de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux, de diabète, de démence et de nombreux cancers, explique le chercheur. Mais si vous arrêtez la pollution à sa source, les effets sur la santé se feront immédiatement ressentir ».

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Crédits : alfcermed/Pixabay

Les avantages l’emportent sur les coûts

Bien évidemment, les exemples cités ci-dessus sont exceptionnels. Il ne s’agit pas d’interdire les voitures dans chaque centre-ville ou de fermer toutes les usines. Mais nous pourrions réduire les effets de la pollution sur la santé de plusieurs autres manières. « Une centrale au charbon pourrait passer au gaz naturel, par exemple, explique Dean Schraufnagel. Ou les vieux autobus à moteur diesel peuvent être remplacés par des autobus plus “propres” fonctionnant au gaz naturel ou à l’électricité ».

Se pose ensuite forcément la question de l’argent, généralement considéré comme le principal frein à ces métamorphoses. Mais là encore, note le rapport, un air plus pur semble être plus avantageux.

Les chercheurs prennent pour exemple la Clean Air Act des États-Unis, promulguée en 1970. Cette loi est réputée avoir réduit les émissions de polluants atmosphériques. Après l’instauration de cette loi, peut-on lire, le produit intérieur brut (PIB) a continué de croître dans le pays. Les avantages “monétisés” de la loi (diminution de nombre de décès liés à la pollution) auraient même dépassé les coûts d’un facteur 32 à 1.

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