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Et si on utilisait les algues pour manger du poisson sans pollution ?

Crédits : National Park Service

Nous le savons, les océans et autres mers sont pollués par les activités humaines, qu’il s’agisse d’hydrocarbures, de métaux lourds ou encore de déchets plastiques. Évidemment, ces substances peuvent finalement se retrouver dans nos assiettes ! Voici comment un projet de recherche européen a tenté de guider les consommateurs.

Le poisson de moins en moins sain ?

Améliorer la sécurité de la consommation liée aux poissons et autres fruits de mer, telle était la mission du projet européen ECsafeSEAFOOD entre 2013 et 2017. Mené par un consortium de 18 partenaires dans une dizaine de pays de l’Union européenne, ce projet a été coordonné par l’Institut portugais de la Mer et de l’Atmosphère (IPMA).

En 2015, dans le cadre d’un reportage d’Euronews, un des meneurs du projet António Marques estimait que le poisson et les fruits de mer étaient connus pour être des produits en général sains et de très bonne qualité. En revanche, si seulement quelques polluants sont formellement réglementés, les effets d’une majorité de substances chimiques sont encore peu connus ou documentés. Il s’agit par ailleurs d’une situation aggravée par le réchauffement climatique. En effet, dans des eaux plus chaudes, certaines espèces stockent les polluants de manière plus rapide.

Crédits : Flickr/ Jason McKnight

Gérer la menace “pollution”

L’un des buts du projet était d’étudier le moyen de mieux comprendre et gérer les menaces liées à la pollution marine. Ainsi, les conditions normales des fonds marins – même température et même pH – ont été recréées dans deux aquariums. Les chercheurs y ont ajouté le même cocktail de polluants habituellement retrouvé dans le milieu marin. En revanche, ont été simulés dans un des deux aquariums les effets du réchauffement climatique.

Les chercheurs ont pratiqué des tests en utilisant des algues. Ces dernières sont capables de combattre la pollution en jouant le rôle de filtres naturels absorbant phosphates et autres nitrates dont elles se nourrissent. Sont également absorbés certains produits chimiques et résidus organiques ou non. Lorsque la zone contaminée redevient saine, les algues sont retirées et traitées.

Ainsi, il est possible d’imaginer qu’un jour, les élevages de poisson puissent intégrer la présence d’algues afin de dépolluer les eaux environnantes. En revanche, il apparaît clair qu’il ne s’agit pas d’une solution visant à débarrasser les mers et les océans de la pollution. En attendant, le projet ECsafeSEAFOOD a publié trois guides destinés aux consommateurs, aux industries et aux pouvoirs publics sur cette question.

Sources : Futura SciencesAtlantico

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