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Comment l’ESA veut automatiser l’évitement des déchets spatiaux

Crédits : ESA

L’Agence spatiale européenne (ESA) a récemment déclaré vouloir utiliser l’apprentissage automatique. L’objectif est de permettre aux satellites d’éviter de manière autonome les déchets spatiaux. Ils pourront ainsi se prémunir plus efficacement du danger représenté par les collisions.

L’ESA surveille beaucoup de déchets spatiaux

Dans un communiqué publié le 22 octobre 2019, l’ESA a expliqué son projet. Tout d’abord, l’agence a rappelé que même si cela ne représente qu’une chance sur 10 000, le risque de collision d’un satellite avec un débris spatial représente un tout de même un véritable danger. Lorsque cette question se pose en orbite, la situation est confiée à un analyste dans un but de surveillance. En cas de besoin, ce dernier préviendra les techniciens dont la mission sera de modifier la trajectoire du satellite.

Depuis 1957 et 5 450 lancements dans l’espace, l’ESA a déclaré que 34 000 débris spatiaux de plus de 10 cm de diamètre se trouvent actuellement en orbite. À cela s’ajoute la surveillance de 900 000 les objets dont la taille se situe entre 1 cm et 10 cm et 128 millions mesurant entre 1 mm et 1 cm. Si une grande partie de ces objets (éclats de peinture, petits bouts d’aluminium, etc.) brûleront sans doute dans l’atmosphère en y pénétrant, beaucoup d’autres resteront en orbite encore longtemps.

L’ESA surveille constamment les objets situés en orbite afin d’éviter ce genre de collision
Crédits : ESA

Un nouveau type de suivi

Rappelons tout de même que les collisions sont très rares. Ceci est notamment le fait du travail de suivi des situations de danger et autres manœuvres d’évitement. Toutefois, ces dispositifs coûtent du temps, de l’argent et monopolisent du personnel. D’un autre côté, minimiser les risques est indispensable dans la mesure où même un petit impact pourrait compromettre des années de travail sur un satellite !

L’ESA désire désormais mettre en place un suivi automatique basé sur l’apprentissage automatique (machine learning). L’objectif est de détecter les risques de collision le plus tôt possible et déclencher les manœuvres d’évitement. Il s’agit donc de gagner en efficacité, agir plus rapidement et faire des économies. Ce nouveau dispositif devra néanmoins d’abord être soumis aux pays membres de l’ESA afin d’être adopté.

Aujourd’hui, seul SpaceX en est doté de ce type de suivi automatique. Toutefois, l’agence privée n’en a sûrement pas encore équipé sa constellation de satellites Starlink. En septembre 2019, l’ESA a d’ailleurs effectué une manœuvre pour éviter que son satellite Aeolus ne percute une des 60 unités de Starlink !

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