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Comment la chaleur peut-elle nous tuer ?

Crédits : iStock

La canicule tue, et plusieurs épisodes ayant eu lieu il y a plusieurs années l’ont déjà prouvé. Une étude américaine a établi une liste des moyens avec lesquels la canicule peut nous faire perdre la vie. Mourir de chaud est une réalité, si bien que toutes les précautions sont bonnes à prendre.

La canicule tue

Après la canicule ayant touché la France à la fin du mois de juin 2019, le pays est en ce moment impacté par un épisode similaire avec de nouveaux records de chaleur. La canicule est difficilement supportable, et c’est pour cette raison que nous rappelions récemment les bons gestes pour y survivre.

Le fait est que la canicule peut se montrer meurtrière. La terrible vague de chaleur qui s’était abattue en Europe en 2003 avait causé 70 000 décès. Celle de 2010 en Inde avait également engendré la mort de plusieurs milliers de personnes. Mourir de chaud : une étude américaine s’est intéressée au sujet en 2017. Dans leur publication, les chercheurs de l’Université d’Hawaii avaient recensé pas moins de 27 moyens de mourir à cause des fortes chaleurs.

canicule température
La canicule frappe à nouveau la France !
Crédits : Wxcharts.com.

Choisir entre plusieurs fins terrifiantes

Pour l’auteur principal de l’étude, Camilo Mora, mourir de chaud est comparable à un film d’horreur dans lequel nous avons le choix entre 27 terribles façons de perdre la vie. Selon l’intéressé, les mécanismes de défense mobilisés par notre organisme afin de refroidir notre corps peuvent finalement se retourner contre nous et mettre en danger plusieurs organes vitaux. Parmi les mécanismes potentiellement mortels à l’œuvre : l’ischémie, la cytotoxicité, une réponse inflammatoire systémique, la rhabdomyolyse ainsi que la coagulation intravasculaire.

Le cœur et les reins sont les premiers organes mis à rude épreuve. Lorsque la tension chute, le cœur s’emballe pour compenser le manque d’oxygène lié au déplacement de la circulation sanguine. La déshydratation met en danger les reins. En effet, une hormone antidiurétique est produite par l’hypothalamus afin de limiter la perte en eau. En revanche, cela favorise la réabsorption des sels et de l’eau, ce qui n’est pas bon pour le tissu rénal.

Le cerveau est également fragilisé par les fortes chaleurs. En effet, la fréquence de la respiration est augmentée, ce qui a pour effet de rafraîchir le sang acheminé vers le cerveau (ou qui en revient). Cette sorte de climatisation naturelle peut avoir quelques effets indésirables, notamment un pH sanguin plus élevé à cause de la diminution de la pression en CO2. Ainsi, les fonctions cellulaires d’autres organes sont mises en danger. Par ailleurs, la communication avec les cellules nerveuses est perturbée, ce qui peut affecter les membranes cellulaires et l’ADN !

Les cas extrêmes

L’ischémie est relative à une augmentation du débit sanguin vers les zones périphériques du corps. Ceci se fait néanmoins au détriment des organes centraux, qui manquent d’oxygène à cause d’un apport sanguin plus faible. La cytotoxicité relève d’une attaque causant une dégradation des membranes des cellules. Ces dernières deviennent perméables aux toxines et autres agents pathogènes.

Ces deux phénomènes causent une réponse inflammatoire systémique. Le système immunitaire s’emballe et libère des cytokines toxiques à l’origine d’une inflammation causant la destruction des cellules. Au final, des caillots peuvent se former et couper l’apport en sang vers certains organes tels que les reins, le foie, le cerveau ainsi que les poumons ! Une hémorragie mortelle peut se déclarer, ou encore une rupture des muscles squelettiques en cas d’activité physique.

Sources : MotherboardThe Conversation

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