in

Pour les douleurs, faut-il consommer du cannabis plutôt que du paracétamol ?

Crédits : PxHere / Unsplash

Dans une chronique récente, un nutrithérapeute français a opposé le paracétamol au cannabis ou plutôt au cannabidiol (CBD) pour l’apaisement des douleurs chroniques. Si le premier est un des médicaments les plus communs au monde, le CBD émergeant en France reste encore assez marginal.

Paracétamol vs CBD

Commençons par présenter les deux “combattants”. Le premier n’est autre que le célèbre paracétamol, composé chimique utilisé comme antalgique (antidouleur) et antipyrétique (anti-fièvre). Or, celui-ci figure parmi les médicaments les plus utilisés et prescrits dans le monde. En France, le plus célèbre est sans doute le Doliprane. Chaque année dans notre pays, il se vend plus de cent millions de boîtes .

De l’autre côté du “ring”, nous retrouvons le cannabidiol (CBD). Cette molécule fait partie des nombreux cannabinoïdes présents dans le chanvre (ou cannabis). À ne pas confondre avec le tétrahydrocannabinol (THC), le CBD ne génère aucun effet psychotrope. Aujourd’hui en France, des boutiques profitant d’une absence d’interdiction fleurissent ci et là. Celles-ci proposent des fleurs séchées, de la résine, de l’huile et d’autres produits dérivés.

Ces deux substances ont été mises face à face dans une chronique publiée dans We Demain le 6 janvier 2021. Son auteur est Jean Paul Curtay, nutrithérapeute et auteur membre du Centre de Formation en Nutrithérapie et Phytothérapie Appliquées (CFNA) situé à Namur (Belgique).

huile cannabis
Crédits : CBD-Infos-com / Pixabay

Le cannabis médical, une alternative intéressante

L’intéressé explique que les antalgiques mais aussi les anti-inflammatoires (ex : Ibuprofène) sont dans le trio de tête des médicaments qui tuent, principalement en cas de surdosage. Or, aujourd’hui, douze millions de Français souffrent de douleurs chroniques. Jean Paul Curtay évoque donc le CBD comme étant une alternative intéressante au paracétamol. Bientôt, les médecins français auront d’ailleurs la possibilité de prescrire des mélanges de CBD et de THC. Une expérimentation concernant ce “cannabis médical” (ou thérapeutique) initialement prévue en septembre 2020 devrait finalement débuter en ce mois de janvier 2021 (sur 3 000 personnes).

Le nutrithérapeute rappelle que de nombreuses études ont déjà prouvé l’existence d’effets anti-inflammatoires, antalgiques et anti-nausées. Aujourd’hui, une utilisation médicale (déjà en place ou en cours d’expérimentation) a déjà lieu dans la moitié des états des États-Unis, au Canada, en Israël ou encore dans certains pays d’Europe et d’Amérique du Sud.

Évoquons enfin la possibilité que le cannabis médical puisse avoir davantage de potentiel. Il pourrait en effet s’avérer utile pour apaiser les douleurs neuropathiques en lien avec des dommages causés aux nerfs ou encore la spasticité musculaire pour les patients atteints de sclérose en plaques ou ayant subi un AVC. Le cannabis médical se destine aussi aux patients épileptiques ou pris en charge en soins palliatifs.