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Réchauffement climatique : 200 rennes retrouvés morts en Norvège

Crédits : Siri Uldal / Norsk Polarinstitutt

Une récente étude de terrain menée sur 10 semaines sur l’île de Svalbard, en Norvège, fait état de 200 morts dans les effectifs de rennes. La plupart sont des victimes du réchauffement climatique.

Une fois par an, des écologistes de l’Institut polaire norvégien (NPI) balayent le terrain sur l’île de Svalbard, en Norvège, dans le but d’évaluer les effectifs de rennes. Et cette année semble avoir été compliquée. Au cours de leur expédition de 10 semaines, les chercheurs expliquent avoir identifié 200 carcasses d’animaux, dont la plupart semblaient avoir souffert de la famine. Ceux qui étaient en vie étaient également plus minces que d’habitude. « C’est effrayant de trouver autant de rennes morts », a déclaré à NRK Åshild Ønvik Pedersen, l’une des auteures de l’étude.

Le lichen piégé sous la glace

Si certaines morts sont bien évidemment naturelles, les chercheurs soulignent en revanche que la grande majorité de ces animaux ont été victimes du réchauffement du climat dans la région.

Les rennes du Svalbard sont en effet très dépendants du lichen, leur principale source de nourriture. Le problème, c’est qu’en raison des hausses de températures, les précipitations se font de plus en plus intenses et régulières en hiver. Cette année, il a beaucoup plu en décembre, mais il a regelé en janvier et en février. Résultat, les pluies se sont transformées en glace, piégeant le lichen en dessous.

Plusieurs conséquences

Du fait de l’inaccessibilité du lichen d’une part, les rennes se rabattent sur les algues, beaucoup moins nutritives. Les chercheurs ont également observé des rennes tentant leur chance sur des falaises très abruptes pour trouver de la nourriture. Ces animaux n’étant pas habitués à ce genre de cascades, beaucoup y laissent leur vie. Enfin, les rennes doivent également voyager toujours plus loin pour trouver de nouveaux pâturages. Les plus jeunes et les plus âgés ont alors du mal à suivre, et sont les premiers à “tomber”. Étant donné que de nombreux petits sont nés l’année dernière, beaucoup n’ont pas pu tenir le coup cette année.

Sur l’île de Svalbard, le lichen se retrouve piégé sous la glace, forçant les rennes à se rabattre sur les algues. Crédits : Pixabay

Le phénomène n’est pas nouveau. Il y a quelques années déjà, une étude révélait que le poids moyen des rennes adultes du Svalbard était passé de 55 kg en moyenne dans les années 90 à 48 kg en moyenne dans les années 2010. L’explication ? Les rennes sont en effet plus nombreux, et la végétation de plus en plus rare. Il y a donc encore moins de nourriture disponible pour tout le monde.

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