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Des chercheurs ont fait une observation inattendue en Arctique

Fracturation de la banquise Arctique canadienne. Crédits : Wikimedia Commons.

Alors qu’ils étudiaient les fracturations de la banquise Arctique, des scientifiques de l’université d’Utah, aux États-Unis, ont fait une observation plutôt intrigante. Et pour cause, un mécanisme jusqu’alors insoupçonné venait de se révéler à eux. Les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications le 10 janvier dernier. 

L’eau de mer gelée que constitue la banquise est bien loin d’être une couche de glace homogène. En réalité, elle est marquée par de très nombreuses aspérités et fractures. Ces dernières jouant un rôle important dans le bilan énergétique de la région Arctique. En particulier, en saison froide.

Des observations contre-intuitives

En effet, l’eau de mer se retrouve ainsi en contact direct avec l’air glacial de la nuit polaire. Un arrangement qui alimente un important flux de chaleur et d’humidité depuis l’océan vers l’atmosphère. Dans un contexte de réchauffement global où l’épaisseur et l’étendue de la banquise se réduisent rapidement, il a été suggéré que le nombre de fractures augmentait. Aussi, il est nécessaire de considérer l’influence de ces dernières sur les flux énergétiques.

Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient qu’une multiplication des fractures favorisait une hausse de la couverture nuageuse de basse couche. Les nuages amplifiant par la suite la perturbation radiative initiale en piégeant la chaleur près du sol. En somme, un effet boule de neige.

Crédits : flickr.

Néanmoins, de nouveaux travaux ont révélé une perspective bien différente. Dans une récente étude, des chercheurs ont constaté que les zones les plus fracturées s’associaient à une quantité moindre de nuages bas. En contradiction totale avec le paradigme évoqué précédemment !

Vers une meilleure compréhension de la banquise Arctique

En croisant plusieurs jeux d’observations et en utilisant une modélisation à très haute résolution, les scientifiques ont pu expliquer cette découverte pour le moins inattendue. En fait, les failles qui s’ouvrent se mettent à regeler après seulement quelques heures. Or, la couche de glace nouvellement formée est fine. De fait, un flux de chaleur sensible s’échappe encore facilement de l’océan. Cependant, ce n’est plus le cas du flux de chaleur latente (vapeur d’eau). Dit autrement, l’effet net près des fractures en cours de regel est une baisse locale de l’humidité relative. Ainsi, les nuages bas tendent à se dissiper.

On peut voir cela comme une petite rétroaction négative qui augmente l’efficacité du regel des zones fracturées puisque la nébulosité diminue. En d’autres termes, la perte d’énergie vers l’espace (et donc la baisse de température) est accentuée. Des résultats qui permettront de mieux comprendre la dynamique de la banquise boréale et son évolution future dans le contexte du changement climatique.

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