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Arctique : la fonte des glaces responsable de la diffusion de virus ?

Crédits : NASA Earth Observatory

Une étude s’est intéressée au lien possible entre la fonte des glaces en Arctique et la diffusion d’un virus. Il est question d’un virus habituellement présent chez des mammifères de l’Atlantique ayant contaminé d’autres animaux dans le Pacifique !

Une épidémie qui interroge

En 2017, des chercheurs avaient alerté sur d’anciens virus qui pourraient être “revitalisés” par la fonte des glaces ou du pergélisol. Un virus géant nommé Mollivirus sibericum, ancien de 30 000 ans a été mis à jour. Dans l’étude publiée dans la revue Scientific Reports le 7 novembre 2019, il n’est pas question d’anciens virus emprisonnés dans la glace mais d’une contamination entre animaux qui interroge. Ces recherches ont été pilotées par Tracey Goldstein, biologiste à l’Université de Californie à Davis (États-Unis).

En 2004, la scientifique et son équipe constatent qu’un virus a été transmis aux loutres de mer du Pacifique par des phoques européens (Atlantique). Le virus concerné est le Morbillivirus de la famille de Paramyxoviridés. Or, les deux animaux présentaient la même forme du virus à seulement deux ans d’écart. Par la suite, Tracey Goldstein a procédé à des analyses ADN ayant confirmé le lien entre les deux épidémies.

Des phoques européens ont contaminé des loutres du Pacifique
Crédits : Public Domain Pictures

La fonte des glaces responsable ?

Le fait est que le virus se transmet habituellement par contact avec un animal infecté. Or, les deux animaux cités ne sont pas censés se rencontrer ! Pour Tracey Goldstein, il existe plusieurs hypothèses. Selon elle, les phoques européens ont pu se déplacer jusque dans le Pacifique et diffuser le virus. À la fin de l’été 2002, les mers situées à proximité du cercle polaire arctique sont censées être encore gelées. Toutefois, la fonte avait généré un passage entre les deux océans. La chercheuse n’écarte pas l’idée qu’un autre animal migrateur ait pu diffuser le virus. Il est également possible qu’il s’agisse d’un autre élément, lié par exemple au secteur de la pêche. Toutefois, Tracey Goldstein reste persuadée que la première hypothèse est la bonne.

En s’intéressant aux anticorps des animaux concernés, l’intéressée a pu observer une espèce de phoque de l’Atlantique ayant développé une résistance au virus. Or, cette même espèce pourrait bien être responsable de sa propagation en ayant emprunté un passage ouvert par la fonte. Enfin, évoquons le fait que ce genre de problématique sera de plus en plus présente au fur et à mesure de la poursuite du réchauffement climatique.

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