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D’ici 2100, jusqu’à 93% des tortues vertes pourraient être des femelles

Les tortues vertes, une espèce menacée d'extinction. Crédits : Wikipedia

D’ici 2100, jusqu’à 93% des nouveau-nés de tortues vertes pourraient être des femelles, rapporte une nouvelle étude. Une dangereuse “féminisation” de l’espèce à mettre au crédit du réchauffement climatique.

Le sexe des tortues est déterminé par la température d’incubation. S’il fait moins de 29 °C, alors il y aura plus de mâles. En revanche, des températures supérieures favorisent l’éclosion de femelles. Passés les 33 °C, 100 % des nouveau-nés seront alors des femelles. Jusqu’à présent, les tortues vertes – menacées d’extinction – avaient réussi à maintenir un certain équilibre. Mais la hausse des températures observée depuis quelques années semble déjà faire son oeuvre.

Beaucoup plus de femelles à l’avenir

Si à l’heure actuelle, environ 52% des tortues vertes à couver sont des femelles, une récente étude  publiée dans Global Change Biology tire la sonnette d’alarme. Selon des biologistes de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) et du Centre des sciences marines et environnementales du Portugal, d’ici 2100, 76 à 93% des nouveau-nés pourraient être des femelles. Un constat dangereux qui s’appuie sur les prévisions de réchauffement signées du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publiées il y a quelques semaines.

Ces recherches se sont ici concentrées sur un site en particulier : celui de Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest. Mais ce n’est pas le seul cas enregistré. Il y a quelques mois, dans la partie nord de la Grande Barrière de corail australienne, une équipe de biologistes avait elle-même constaté qu’environ 99 % des oeufs fécondés sur les plages étaient des femelles. Ce type de scénario catastrophe pourrait donc se généraliser, au point de ne laisser sur les plages que des femelles.

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Jeune tortue verte. Crédits : Pixabay

Une espèce menacée

Une autre menace pèse également sur l’espèce. Toujours selon les prévisions du GIEC, l’élévation du niveau de la mer pourrait également submerger 33 à 43% des zones de nidification actuelles utilisées par les tortues vertes. «Le problème c’est qu’à certains endroits, il peut y avoir des barrières naturelles ou des constructions humaines qui empêchent les plages de se déplacer à l’intérieur des terres, note Rita Patricio, du Centre pour l’écologie et la conservation du campus Penryn de l’Université d’Exeter. L’espèce sera confrontée à de nombreux problèmes dans le futur en raison de la perte d’habitats et de la hausse des températures».

Des températures plus fraîches pourraient garantir l’éclosion de mâles à l’avenir. Mais pour ce faire, des mesures vont devoir être mises en place. Après avoir identifié les sites les plus à risques, des systèmes d’ombrages – naturels ou artificiels – pourraient être installés dans le but de rafraîchir le sable. Nous pourrions également ajouter du sable de couleur claire sur les nids, celui-ci absorbant moins de rayonnement solaire que le sable plus foncé.

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