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Un médicament pourrait bientôt révolutionner le futur de l’exploration spatiale

Pixabay : Comfreak

L’un des plus grands défis auxquels seront confrontés les futurs explorateurs du système solaire sera de faire face aux dangers du rayonnement cosmique. Une équipe de chercheurs explique avoir découvert un nouveau traitement qui pourrait non seulement prévenir les déficits cognitifs causés par ce rayonnement, mais aussi réparer les dommages dans le cerveau après l’exposition.

Les effets à court et à long terme des rayons cosmiques sur les humains ne sont pas encore bien compris. Nous savons en revanche qu’ils sont nocifs. Générées depuis l’extérieur du système solaire, ces particules ne sont pas facilement bloquées par un blindage conventionnel et peuvent causer des dommages aux tissus humains : on pense notamment à des lésions neurologiques majeures. Si les astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) sont encore protégés par la magnétosphère terrestre, ils devront face à des niveaux 1000 fois plus élevés de ce rayonnement cosmique une fois l’orbite basse passée. Si l’on part du principe qu’une exploration martienne est toujours d’actualité dans les prochaines années, développer un moyen de lutter contre les effets à long terme de ces rayons destructeurs est donc fondamental.

« Nous commençons à avoir des preuves que l’exposition aux radiations spatiales pourrait affecter le fonctionnement du cerveau à long terme, mais pour autant que je sache, personne n’avait envisagé de contre-mesures pouvant protéger les cerveaux des astronautes contre ce niveau d’exposition », explique Susanna Rosi, de l’Université de Californie à San Francisco (États-Unis). Pour cette étude, les chercheurs se sont penchés sur un médicament – appelé PLX5622 – qui pourrait prévenir ces lésions cérébrales. Une étude antérieure de cette même équipe avait en effet découvert que le médicament protégeait efficacement les souris contre les déficits cognitifs causés par les radiations délivrées au cerveau par les traitements contre le cancer.

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont cette fois exposé pendant une journée des souris à des niveaux de rayonnement similaires à ceux auxquels les astronautes seraient confrontés dans l’espace lointain. Certaines ont ensuite été traitées avec PLX5622 pendant 15 jours. Dans le groupe témoin d’animaux irradiés, les déficits cognitifs n’étaient pas visibles avant trois mois, ce qui indique un retard dans l’apparition des déficiences visibles.

Les animaux traités avec PLX5622, d’autre part, ne présentaient aucun défaut cognitif. L’examen du cerveau des animaux a révélé que les souris non traitées présentaient un volume élevé de microglies activées (les cellules immunitaires du système nerveux central), mais qu’elles présentaient également une réduction significative du nombre de synapses.

Les chercheurs suggèrent ainsi que le fait d’être exposé aux rayonnements cosmiques stimule l’activité des microglies, ce qui peut à terme entraîner une élimination synaptique cause d’un déclin cognitif. Le médicament PLX5622 épuise temporairement le cerveau des microglies exposées aux radiations, et incite leur remplacement par de nouvelles microglies saines, aidant ainsi à prévenir les conséquences cognitives négatives du rayonnement.

Le fait que ce traitement puisse être administré efficacement quelque temps après une exposition aux rayonnements en fait donc un médicament potentiellement révolutionnaire pour le futur de l’exploration spatiale. Des composés similaires à PLX5622 sont déjà en essais cliniques pour de multiples formes de cancer humain, ce qui suggère que ces nouvelles découvertes pourraient bientôt être traduites chez l’Homme. Au-delà du vol spatial, ces composés pourraient également être utilisés pour prévenir les troubles cognitifs à la suite d’une radiothérapie du cancer, ou pour soigner les troubles cognitifs liés à l’âge – qui ont également été liés à l’inflammation cérébrale entraînée par les microglies.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Scientific Reports.

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