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En 16 ans, Bornéo a perdu plus de 100 000 Orangs-outans

Crédits : Pixabay / Alician2010

Entre 1999 et 2015, près de la moitié des Orangs-outans vivant sur l’île de Bornéo – soit plus de 100 000 – sont morts suite à la réduction de leur habitat naturel, rapporte une étude publiée dans Current Biology. Mais pas seulement.

Il y a quelques jours, un Orang-outan porteur de blessures extrêmement graves était retrouvé assis, agonisant sur un bambou dans un canal de l’île de Bornéo, dans le sud-est de l’Asie. L’animal portait l’impact de 130 plombs tirés depuis une arme à air comprimé, la majorité d’entre eux tirés dans la tête. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Entre 1999 et 2015, plus de 100 000 de ces animaux auraient ainsi disparu, faute de place, la plupart des zones forestières étant déboisées pour favoriser les plantations de palmiers à huile.

Cependant, note l’étude, de nombreux Orangs-outans ont également disparu des zones forestières plus intactes, suggérant des conflits directs entre ces animaux et les Hommes. « La diminution de la densité de population a été la plus sévère dans les zones déboisées ou transformées pour l’agriculture industrielle, les Orangs-outans luttant pour vivre en dehors des zones forestières », explique Maria Voigt, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste en Allemagne. « Malheureusement, cependant, le plus grand nombre d’Orangs-outans ont été perdus dans les zones qui sont restées boisées au cours de la période d’étude, ce qui implique une chasse intensive ».

Pour évaluer les changements dans la taille de la population d’Orangs-outans dans la région, les chercheurs ont ici compilé des enquêtes de terrain qui s’étalent de 1999 à 2015. Ils ont ensuite extrapolé la taille de la population à partir du nombre de nids observés dans toute l’aire de répartition de l’espèce à Bornéo. Au total, l’équipe a observé 36 555 nids, estimant au final une perte de 148 500 Orangs-outans de Bornéo entre 1999 et 2015. Les chercheurs estiment par ailleurs qu’il reste entre 17 000 et 100 000 spécimens à Bornéo. Ils prévoient également que plus de 45 000 Orangs-outans de plus seront perdus au cours des 35 prochaines années.

Afin d’identifier les causes probables de ces pertes, les chercheurs se sont appuyés sur des cartes de l’évolution de la déforestation estimée au cours de la même période. La comparaison des pertes d’Orangs-outans et d’habitat suggère que le défrichement a provoqué les taux de déclin les plus spectaculaires. Cependant, un nombre beaucoup plus important d’Orangs-outans ont été perdus dans les forêts exploitées sélectivement et dans les forêts restées à l’état sauvage. Même si les baisses de population de ce singe sont moins élevées dans ces régions, c’est en revanche dans ces coins que l’on en retrouve le plus, expliquent les chercheurs.

Des partenariats efficaces avec des sociétés d’exploitation forestière et d’autres industries semblent aujourd’hui essentiels à la survie de l’Orang-outan de Bornéo. L’éducation et la sensibilisation du public sont également primordiales.

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