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Tchernobyl : 30 ans après, le sol des Alpes est toujours radioactif

Crédits : rabedirkwennigsen / Pixabay

« Le territoire Français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de Tchernobyl », déclarait le 6 mai 1986 le Ministère de l’agriculture français. Pourtant, 29 ans après, la catastrophe nucléaire classée au niveau 7  (la plus élevée sur l’échelle de l’INES) a toujours des effets en France. Ainsi, une nouvelle étude réalisée CRIIRAD est venue démontrer que le sol des Alpes est toujours radioactif et doit être par endroit traité comme des déchets nucléaires. 

Les 5 et 6 juillet derniers, le laboratoire de la CRIIRAD a procédé à des mesures de radioactivité au cœur du Parc National du Mercantour, dans une zone située entre 2440 et 2540 mètres d’altitude. L’objectif, contrôler le niveau de radioactivité des sols suite aux mesures effectuées entre 1996 et 1998, lesquelles avaient déjà démontré une forte contamination des sols dans le Mercantour.

L’étude rendue publique ce vendredi montre que le niveau de radioactivité au césium 137 (un élément radioactif) est constamment deux fois supérieur à la normale. « Les rejets radioactifs massifs provenant du réacteur accidenté ont entrainé des dépôts radioactifs particulièrement intenses dans le sud-est de la France et en particulier en montagne. (…) Sur les zones d’accumulation, des valeurs plusieurs dizaines de fois voire plus de 100 fois supérieures au niveau naturel » ont été observées, note la commission. Elle précise que sur les zones d’accumulation, « 80 % du césium 137 était imputable aux retombées de Tchernobyl, le reste provenant essentiellement des retombées des essais nucléaires atmosphériques des années 50-60. »

Ainsi, certains échantillons prélevés sur place dépassent 100 000 Bq/kg en césium 137. Pour la CRIIRAD, ils doivent être traités comme des déchets nucléaires et confiés à l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs). Au vu de ces résultats, la commission souhaite que « les secteurs les plus radioactifs soient dépollués, ou tout au moins balisés, pour éviter des expositions inutiles. »

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Crédits : CRIIRAD

>> Accès à l’étude de la CRIIRAD.

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