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Il y a 66 millions d’années, l’impact d’un astéroïde aurait provoqué 100 000 ans de réchauffement climatique

Crédits : Flickr/ NASA blueshift

Une étude récente menée par des chercheurs américains et tunisiens suggère que l’énorme astéroïde qui a frappé la Terre il y a environ 66 millions d’années aurait provoqué un réchauffement global de la planète pendant environ 100 000 ans.

C’est en tout cas ce que suggèrent les ratios d’oxygène mesurés dans les os de poissons anciens. Des recherches antérieures ont montré qu’il y a environ 66 millions d’années, un astéroïde massif frappait la Terre à un endroit proche de ce qui est maintenant Chicxulub, au Mexique. Suite à l’impact, la fumée et les particules rejetées dans l’atmosphère bloquèrent les rayons du soleil, provoquant un refroidissement de la planète pendant une longue période de temps. Dans ce nouvel effort, les chercheurs suggèrent que cette période de refroidissement fut probablement plus courte que prévu et qu’elle aurait été suivie d’une longue période de réchauffement.

Pour cette étude dont les détails ont été publiés dans la revue Science, les chercheurs ont analysé les restes de poissons tamisés à partir d’échantillons de sédiments prélevés sur le site d’El Kef, en Tunisie. Il y a 66 millions d’années, la zone était couverte par la mer de Téthys. En examinant les ratios d’oxygène dans les restes de poissons, les chercheurs ont alors pu déterminer la température de l’eau au moment de leur mort. La collecte d’échantillons provenant de différentes couches a ensuite permis de construire une chronologie de températures avant la frappe de l’astéroïde et jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années après qu’elle ait eu lieu. Ils ont alors constaté que la température de la mer avait augmenté d’environ 5 °C peu de temps après que l’astéroïde ne vienne percuter le sol. Les températures se seraient ainsi maintenues pendant environ 100 000 ans.

Dans le sillage immédiat de l’impact (quelques années), les températures ont donc chuté dans le monde entier. Cet « hiver mondial » fut le résultat de tonnes d’aérosols projetés dans l’atmosphère reflétant la lumière du soleil. Mais il semble avoir été plutôt brusque et les scientifiques ont d’ailleurs du mal à capter son signal dans les archives géologiques. L’impact de l’astéroïde a ensuite entraîné une seconde conséquence plus durable cette fois : il a vaporisé une énorme quantité de carbone dans l’atmosphère. Une fois que la brume s’est dissipée et que la lumière du soleil a de nouveau pu atteindre la surface de la Terre, ce gaz à effet de serre a réussi à faire ce que les gaz à effet de serre font le mieux : augmenter les températures. Ici en l’occurrence, 5 °C sur environ 100 000 ans.

Les chercheurs notent cependant que d’autres recherches devront être menées pour confirmer leurs résultats qui ne s’appuient ici que les analyses d’un seul site. D’autres lieux devront être explorés pour confirmer ou pas ces résultats, prouvant que ce réchauffement était bel et bien global.

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