in

Utiliserons-nous bientôt des fourmis pour élaborer des médicaments ?

La Solenopsis molesta, une candidate sérieuse ! Crédits : Wikimedia Commons

De façon naturelle, les fourmis produisent des substances pouvant détruire des bactéries et autres champignons. Cette possibilité représente une éventuelle source nouvelle de médicaments afin de traiter les infections humaines.

Dans un aide-mémoire publié en octobre 2017, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que « la résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement » et il en va de même pour la résistance aux antimicrobiens qui serait « une urgence sanitaire mondiale qui met sérieusement en péril les progrès de la médecine moderne ».

Clint Penick, professeur assistant à l’Arizona State University (États-Unis), a mené une étude destinée à trouver des alternatives aux médicaments antimicrobiens et antibiotiques existants. En effet, les recherches publiées dans la revue Royal Society Open Science le 7 février 2018 ont montré l’intérêt que peuvent susciter les insectes sociaux dans leur combat contre les agents pathogènes, et ainsi fournir des indications pouvant permettre de réduire la résistance aux médicaments chez l’être humain.

Le chercheur et son équipe ont testé une vingtaine d’espèces de fourmis, et une douzaine d’entre elles avaient bel et bien des propriétés antimicrobiennes, à des taux cependant différents. En revanche, l’équipe s’attendait à trouver au sein des grandes colonies de fourmis (et chez les plus grosses fourmis) une production d’antimicrobiens importante et plus puissante. En réalité, ce ne fut pas le cas.

Les scientifiques ont noté dans l’étude que les deux espèces présentant la plus forte activité antimicrobienne font partie des plus petites fourmis testées : les Monomorium minimum et les Solenopsis molesta. Par contre, huit espèces semblaient ne produire aucune substance antimicrobienne. Dans leur étude, les chercheurs ont utilisé un staphylocoque (Staphylococcus epidermidis), une bactérie non pathogène que l’on trouve généralement sur notre peau.

Évoquons tout de même le fait que dans le cadre d’une recherche similaire en utilisant une autre bactérie, il serait alors possible d’obtenir des résultats différents. Cependant, Clint Penick a déjà trouvé sa réponse et estime que les fourmis «pourraient être une source future de nouveaux antibiotiques pour lutter contre les maladies humaines ».

Revenons également sur la fourmi Solenopsis molesta, chez qui l’effet antibiotique le plus puissant a été observé. Il s’avère que jusqu’ici, aucune étude n’avait montré que celle-ci produisait et utilisait des antimicrobiens. Les chercheurs estiment que d’autres expériences devront être menées afin de sélectionner les fourmis les plus intéressantes, mais également d’explorer les stratégies alternatives aux antimicrobiens que sont susceptibles d’utiliser les fourmis afin de se défendre contre des agents pathogènes.

Sources : Science DailySciences et Avenir