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Ils ont encodé un film dans l’ADN de bactéries vivantes !

Crédits : Seth Shipman

Une équipe de chercheurs annonce et démontre avoir encodé un film dans l’ADN de bactéries vivantes. Cette expérience ambitieuse teste les limites du disque dur biologique.

Stocker de l’information sur de l’ADN n’est pas une idée nouvelle. Mais petit à petit, les obstacles tombent. En témoigne cette nouvelle annonce faite par des chercheurs de Harvard. Ces derniers expliquent dans la revue Nature avoir tout bonnement encodé un film (un cheval et son cavalier en train de courir) dans l’ADN de bactéries E.Coli vivantes.

Outre ce film qui ne sortira jamais en salles, mais qui est désormais célèbre, les chercheurs notent que la technique utilisée ici pourrait permettre aux cellules vivantes de devenir des sortes « d’enregistreurs moléculaires » en temps réel qui capturent des développements biologiques invisibles à l’intérieur du corps comme une sorte d’enregistreur vidéo numérique organique.

« Nous voulions transformer les cellules en véritables livres d’Histoire », explique le neurologue Seth Shipman de l’Université Harvard, principal auteur de cette prouesse. « Nous envisageons un système de mémoire biologique beaucoup plus petit et plus polyvalent que les technologies d’aujourd’hui, qui suivront de nombreux événements de manière non intrusive avec le temps ».

Seth Shipman

L’équipe explique ici avoir converti chaque pixel ombré de l’animation du cheval en un code ADN désigné par une configuration particulière des nucléobases : adénine, guanine, thymine et cytosine. Les chercheurs ont ensuite utilisé la technologie d’édition de gènes CRISPR pour intégrer cette séquence d’informations dans le génome de la bactérie E. coli en ajoutant une nouvelle image d’animation chaque jour. Ils ont ensuite laissé passer une semaine, le temps pour les bactéries de se diviser et se multiplier, passant le film aux générations successives au fur et à mesure comme une sorte de processus biologique de partage de fichiers.

Enfin, les chercheurs ont séquencé des régions d’ADN issues d’un échantillon de bactéries et ont réussi à extraire le film. 90 % de l’information toujours intacte, un test suggérant que les cellules vivantes peuvent enregistrer et retenir l’information en séquence qui peut ensuite être extraite et examinée si nécessaire.

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