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Et si l’intolérance au gluten était causée par des virus inoffensifs ?

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Une nouvelle étude stipule qu’un simple virus d’ordinaire bénin pourrait déclencher une allergie au gluten, ainsi qu’une autre maladie. Ces recherches surprenantes laissent aux chercheurs la possibilité de créer un vaccin.

« Cette étude montre clairement qu’un virus qui n’est pas cliniquement pathogène peut être très néfaste pour le système immunitaire et créer des conditions favorisant un trouble auto-immune, la maladie cœliaque en particulier »,
indique le Dr Bana Jabri, directrice de recherche à l’Université de Chicago, principale auteure de ces recherches.

Publiés dans la revue Science le 7 avril 2017, ces travaux indiquent que des virus non pathogènes pourraient engendrer la maladie cœliaque, cette dernière se traduisant entre autres par une intolérance au gluten, cet ensemble de protéines que l’on retrouve dans les grains de nombreuses céréales et présent dans une grande partie de notre alimentation.

Il s’agit de virus intestinaux nommés réovirus. Après des expériences menées sur des souris porteuses d’une mutation génétique (DQ8) les rendant prédisposées à contracter la maladie cœliaque, ces rétrovirus humains ont causé une réaction inflammatoire ainsi qu’une perte de la tolérance orale au gluten. Une autre souche proche du virus, mais génétiquement différente semble n’avoir eu aucun effet direct. Cependant, celle-ci peut « affecter de manière permanente le système immunitaire et ouvrir la voie à une réaction excessive au gluten » simplement en augmentant la quantité d’anticorps présents dans l’intestin.

Les recherches ne s’arrêtent pas là puisque de tels virus pourraient également être à l’origine de diabète infantile de type 1, ce qui était d’ailleurs supposé depuis des années. En effet, de nombreux enfants mangent leurs premières céréales au gluten à l’âge de 6 mois environ lorsque leur système immunitaire n’est pas encore très performant et résistant aux virus.

« Pendant la première année de vie, le système immunitaire continue à se former, laissant certains enfants avec des caractéristiques génétiques particulières plus sensibles à ces virus qui peuvent laisser des séquelles intestinales durables »,
explique le Dr Jabri.

La spécialiste estime qu’il s’agit là d’une question épineuse nécessitant des recherches plus poussées. Il faudra assurément penser à vacciner les enfants présentant un risque élevé de développer la maladie cœliaque.

Sources : Sciences et Avenir7 sur 7