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Découverte des restes du plus vieux village d’Amérique du Nord vieux de 14 000 ans

Crédits Pixabay

Et si le peuplement de l’Amérique était plus ancien que l’on ne le pensait jusque-là ? C’est en tout cas ce que suggère la découverte récente des restes d’un ancien village au large de la Colombie-Britannique, au Canada.

Sur l’île du Triquet, située au nord de Vancouver au Canada, près des côtes de la Colombie-Britannique, une découverte archéologique semble donner du crédit à l’histoire orale de la Nation Heiltsuk, un peuple amérindien. L’île est d’ailleurs sur leur territoire revendiqué. « L’histoire orale des Heiltsuk parle d’une bande de terre dans la zone où les fouilles ont eu lieu. C’était un endroit qui ne gelait jamais durant l’ère glaciaire et où nos ancêtres affluaient pour survivre », déclare William Housty, membre de la Nation Heiltsuk, à la CBC.

Cette découverte archéologique est celle d’un établissement humain sur ce territoire avec notamment les restes d’un foyer ou encore divers artefacts comme des outils en bois sculptés. La datation au carbone d’échantillons de charbon a pu dater cet établissement humain à 14 000 ans durant la dernière période glaciaire durant laquelle les glaciers couvraient une grande partie de l’Amérique du Nord. Il s’agit du plus ancien témoignage de peuplement de l’Amérique. « Cette découverte est très importante, car elle réaffirme l’histoire dont notre peuple parle depuis de milliers d’années », ajoute William Housty.

Cette découverte remet aussi en cause les théories expliquant comment les humains sont entrés en Amérique. Le plus souvent, on évoque une arrivée depuis l’Asie à travers un pont terrestre, un corridor non glacé dans le détroit de Béring, lorsque le niveau des océans était plus bas du fait de la glaciation, pour ensuite gagner l’Alaska puis le centre du Canada.

« La théorie alternative, soutenue par nos données et par les découvertes d’outils en pierre et cette datation au carbone, est que les personnes sont plutôt arrivées par bateaux », explique l’archéologue Alisha Gauvreau, étudiante en doctorat à l’université de Victoria, qui a conduit ces fouilles avec une équipe du Hakai Institute et des membres de la nation Heiltsuk. « Au regard de notre site, il apparaît évident que ces personnes étaient plutôt des chasseurs de mammifères marins ».

Pour William Housty, cette découverte va enfin permettre de leur faciliter les négociations pour leurs droits et leurs titres fonciers. « Jusque-là, nous n’avions que notre histoire orale. Maintenant, nous avons aussi cette information archéologique. Nous avons une histoire soutenue par la science et l’archéologie occidentales », explique-t-il.