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Au Moyen-Âge, les hommes regardaient déjà l’espace !

Crédits : iStock

Aujourd’hui, nous sommes à l’aube de la conquête spatiale, mais les milliers de scientifiques travaillant sur ces questions partagent sensiblement la même passion que des hommes et des femmes ayant vécu il y a des siècles.

L’espace fascine des millions d’amateurs à travers le monde, qu’il s’agisse de la découverte d’exoplanètes, l’exploration de Mars ou encore l’espoir de trouver de la vie ailleurs et nous assistons à la privatisation de la conquête spatiale pour des résultats que personne ne peut évaluer précisément.

Dans un tel contexte, le grand public pourrait croire que ces notions sont propres à nos sociétés actuelles, mais il n’en est rien. Il y a des siècles, cette passion était déjà présente dans le cœur de nombreux astrologues et astronomes. L’astrologie, qui n’est autre que la croyance de l’influence sur les évènements (donc le futur) des corps terrestres par la position des astres, a longtemps été condamnée dans l’histoire, et ce, depuis les conciles et les Pères de l’Église à la fin de l’Antiquité (pour l’Empire Romain) jusqu’à Charlemagne et ses héritiers en passant par la loi salique.

Aujourd’hui, l’astrologie est considérée comme simple superstition inoffensive, tandis qu’à l’époque, l’église y voyait un dangereux moyen de remettre en cause la volonté divine et le libre arbitre de l’homme. Si les croyances autour des étoiles étaient condamnées, ce ne fut pas le cas de l’astronomie, véritable science relative à l’observation et de la compréhension des corps célestes. Tout au long du Moyen-Âge, l’astronomie était même une sorte de tronc commun enseigné aux étudiants des universités.

En dépit des erreurs de jugement commises, l’astronomie était un moteur pour le savoir. En effet, si la rondeur de la Terre était un savoir commun durant le haut Moyen-Âge après avoir longtemps pensé que celle-ci était plate, c’est le modèle du géocentrisme qui était la norme (à savoir celui d’une Terre ronde autour de laquelle tournent les astres). Cette vision ne sera remise en cause que durant la Renaissance.

Les astronomes étudient le mouvement des astres et en font la démonstration par des figures géométriques, calculent les cycles lunaires pour fixer la date de fêtes telles que Pâques, toujours dans le but de servir l’église. De plus, comprendre ces mouvements et établir les règles régissant l’Univers donnait du crédit au dogme de la création divine, dont l’harmonie est alors expliquée.

Astrologues étudiant la Lune
(Crédit image : Astrologue Sylvie Tribut)

L’occident est pourtant à la traîne en termes de progrès et reprendra de nombreuses notions élaborées dans le monde arabe et byzantin après la traduction de traités en arabe à partir du XIIe siècle. En effet, dès le VIIIe siècle, le califat abbasside de Bagdad finance la construction de nombreux observatoires, ce qui montrait déjà à l’époque la reconnaissance des souverains de ces contrées envers les astronomes.

Ainsi, lorsque nous parlons du Moyen-Âge, il faut absolument faire la différence entre croyance et science, donc entre l’astrologie et l’astronomie. Si les astrologues ont de bonnes notions en astronomie, ceci leur sert principalement à prédire l’avenir ou exercer la médecine, ainsi qu’à conseiller des souverains. Charles V est un exemple très parlant puisqu’il y accordait un crédit sans failles. Malgré les progrès en astronomie et une condamnation du déterminisme astral par l’évêque de Paris en 1277, l’astrologie a progressé durant cette période.

Aujourd’hui, les scientifiques font des recherches pour tenter de comprendre le futur potentiel de l’humanité et ceci est assez comparable avec la façon dont l’astrologie se servait de l’astronomie afin d’en faire autant. Finalement, tout ceci ne relèverait-il pas d’une certaine croyance en accordant du crédit à l’interprétation des faits scientifiques ? Quoi qu’il en soit, un document édité en 2009 dans la revue du CNRS tente de réconcilier l’astronomie et l’astrologie avec l’aide de l’astrophysicien français Philippe Zarka.

Sources : SlateCNRS