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Trop de graisse corporelle entraîne une diminution du volume de matière grise

Crédits : Pixabay

Une récente étude suggère qu’une trop grande quantité de graisse corporelle est associée à une diminution troublante du volume du cerveau.

Des analyses par IRM faites auprès plus de 12 000 adultes suggèrent que des niveaux élevés de graisse corporelle entraînent des modifications de la forme et de la structure du cerveau. On remarque notamment une réduction de la quantité de matière grise, qui joue un rôle très important dans le traitement de l’information. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Radiology.

« Nous avons constaté que le fait d’avoir des niveaux de graisse plus élevés distribués sur le corps était associé à de plus petits volumes d’importantes structures cérébrales ». Y compris des structures de matière grise situées au centre du cerveau, explique la radiologue Ilona A. Dekkersn de l’Université de Leiden aux Pays-Bas. Un nouveau constat qui fait écho à une étude, publiée en janvier dans la revue Neurology, qui suggérait également qu’une présence excessive de graisse abdominale pouvait entraîner un rétrécissement du cerveau.

Crédits : Flickr / affen ajlfe

Hommes et femmes, une association différente

Cette nouvelle étude, centrée sur des participants âgés de 45 à 76 ans, nous montre par ailleurs une association différente entre le volume de graisse corporelle et le volume de matière grise, chez l’homme et chez la femme. Chez ces messieurs, un pourcentage plus élevé de graisse corporelle semble associé à un volume global de matière grise réduit, notamment les zones du thalamus et de l’hippocampe (mais pas l’amygdale). Chez les femmes, on observe une réduction de volume de matière grise uniquement dans le globus pallidus, une zone du cerveau impliquée dans la motricité.

On note également que des modifications – moins évidentes mais bien présentes – ont également été observées dans la structure de la matière blanche. Cette « substance » est notamment responsable de la propagation des informations dans le système nerveux. Ce n’est ici qu’une observation. Les conséquences de ces altérations ne sont pour l’heure pas connues.

Signalons enfin que si un lien est clairement établi entre le volume de graisse corporelle et la réduction du volume de matière grise, les chercheurs n’ont examiné aucun lien avec le déclin cognitif des participants. L’observation n’est pour l’heure que structurelle. Des recherches supplémentaires seront donc nécessaires pour évaluer les risques cognitifs inhérents à cette association troublante. Il sera également nécessaire d’évaluer si une réduction de poids peut entraîner, chez ces mêmes patients, une hausse du volume de matière grise.

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