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Très polluant, le polyester est deux fois plus utilisé qu’il y a 20 ans !

Présent dans la moitié des tissus, le polyester fait partie intégrante de la “fast fashion”, cette mode du textile à bas prix. Celle-ci a d’ailleurs fait l’objet d’un rapport publié récemment par une ONG, fustigeant cette pratique. Le fait est que la production de polyester pourrait doubler d’ici moins d’une dizaine d’années.

Plus de 40 millions de tonnes produites par an

L’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde. Elle génère en effet pas moins de 10 % des émissions mondiales de carbone, soit plus encore que le trafic maritime et le trafic aérien. Des recherches sont actuellement menées pour faire baisser ces pollutions. En 2020, une styliste a par exemple mis au point d’un tissu inédit à base d’algues qui pourrait représenter une révolution dans le monde du textile. Cependant, il est évident que tous les acteurs de ce domaine doivent absolument faire des efforts. En 2019, une trentaine de grands groupes de la mode ont d’ailleurs rejoint le “fashion pact” pour préserver l’environnement.

Néanmoins, tout semble évoluer trop lentement d’après un rapport intitulé Fossil Fashion publié par l’ONG Changing Markets Foundation le 2 février 2021. Selon cette organisation, le polyester est deux fois plus utilisé qu’il y a vingt ans. Rappelons que le terme “polyester” est une catégorie regroupant plus d’une dizaine de polymères pour une production annuelle dépassant les quarante millions de tonnes. Cette matière artificielle synthétique est dérivée du pétrole, et donc très polluante, tout comme son procédé de fabrication.

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Crédits : Changing Markets Foundation

Un appel à destination de l’UE

Selon l’ONG Changing Markets Foundation, soutenue par le collectif No Plastic In My Sea, la “fast fashion” est en grande partie responsable. Il s’agit d’un secteur de la mode à bas prix renouvelant très régulièrement ses collections. Le rapport met en avant la dépendance toujours plus importante de cette mode aux énergies fossiles. Le document détaille également les divers impacts indésirables sur l’environnement, le climat ainsi que sur la santé humaine.

La production annuelle du polyester pollue autant que 180 centrales à charbon. Or, l’ONG estime que d’ici 2030, cette même production pourrait doubler. Par ailleurs, le rapport évoque les lavages en machine, responsables de la libération de centaines de milliers de microfibres plastiques. Or, ces microplastiques finissent leur course dans les océans, les fleuves, mais également dans l’air que l’on respire.

L’objectif du rapport est simple. Il demande à l’Union européenne de mettre un frein à la surproduction issue de la “fast fashion”. L’idéal serait la mise en place d’une réglementation concernant la production des textiles synthétiques, à la manière de celle concernant les plastiques à usage unique.