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Pour trouver une vie extraterrestre, ne ciblons pas les étoiles semblables à notre Soleil

Crédits : Comfreak / Pixabay

Pour maximiser nos chances de trouver une forme de vie extraterrestre dans notre Galaxie, les astronomes recommandent de ne pas se concentrer sur les étoiles semblables à notre Soleil. Mais de privilégier plutôt les naines oranges.

On ne peut pas compter toutes les étoiles de la Voie Lactée, mais statistiquement il devrait y en avoir plus de 100 milliards, et au moins tout autant de planètes. L’éventail est donc assez large. Pour nous donner les chances de pouvoir un jour détecter une forme de vie extraterrestre complexe, nous devrions alors nous concentrer sur les étoiles les plus susceptibles de favoriser son émergence. Mais alors, quelles sont ces étoiles ?

Les “soleils”, une durée de vie trop courte

Intuitivement, nous pourrions nous dire que les étoiles de type Soleil sont les plus appropriées. Après tout, seule notre planète est aujourd’hui connue pour abriter la vie. Malgré tout, ces étoiles ne représentent que 10% des effectifs stellaires de la Voie Lactée. Leur durée de vie est également assez courte (environ 10 milliards d’années).

Des organismes complexes sont apparus sur Terre il y a seulement 500 millions d’années. L’Homme, la forme de vie la plus complexe d’entre elles, n’est apparu qu’il y a 200 000 ans. On ne sait pas de quoi sera fait l’avenir de notre espèce, mais ce que nous savons en revanche, c’est que notre planète deviendra inhabitable dans un peu plus d’un milliard d’années. Le Soleil commencera en effet à enfler, anéantissant toutes les formes de vie terrestres.

Si l’on se base donc uniquement sur la Terre, cela signifie qu’une forme de vie très complexe autour d’une étoile de type Soleil ne peut survivre plus d’un milliard d’années. Du point de vue cosmologique, c’est un laps de temps assez court. Si nous voulons nous donner la chance de pouvoir apprécier une forme de vie aussi avancée que la nôtre, nous devrions donc cibler des étoiles capables de “brûler” plus longtemps.

Les naines rouges ? Trop instables

Pendant de nombreuses années, tous les regards se sont tournés vers les naines rouges. Ces étoiles, plus petites et plus fraîches que le Soleil, sont les plus courantes dans la Galaxie (environ 85 % des effectifs). Nous pourrions alors imaginer, par simple manoeuvre statistique, que 85 % de toutes les planètes évoluent également autour de ces étoiles. Par ailleurs, nous savons que les naines rouges peuvent survivre pendant plusieurs dizaines de milliards d’années.

Mais sont-elles pour autant des candidates idéales ? Pas vraiment. Si effectivement les naines rouges ont de nombreux atouts à faire valoir, elles sont en revanche très instables.

Sur ces étoiles les éruptions stellaires sont en effet régulières et très puissantes. Les couches d’ozone protectrice susceptibles de se former autour des planètes situées dans la zone habitable (très proche de l’étoile) ne peuvent alors survivre, car elles sont constamment soufflées. Finalement les planètes se retrouvent exposées à des niveaux extrêmes de rayons X et de rayons ultraviolets (UV). Compliqué pour la vie de se développer dans ces conditions.

naine rouge
Représentation d’artiste d’une naine rouge. Crédits : NASA/Walt Feimer

Les naines oranges, le bon compromis

Vers quelles étoiles nous tourner, finalement ? Depuis quelques années, les astronomes se concentrent sur les naines oranges. Pourquoi ? Parce qu’elles sont trois fois plus nombreuses dans la Voie Lactée que les étoiles de type Soleil, d’une part. Mais surtout parce que ces étoiles nous proposent un réel compromis. Elles peuvent en effet brûler régulièrement pendant des dizaines de milliards d’années tout en restant relativement calmes.

Autour de ces étoiles l’évolution biologique pourrait donc prendre le temps de se développer sans craindre d’être anéantie à tout moment.

Certaines nous ont déjà livré des pistes prometteuses. C’est notamment le cas de Kepler-442, située à environ 1 120 années-lumière de la Terre. Autour de cette étoile se trouve une planète rocheuse, Kepler-442b, qui présente un volume comparable à celui de la Terre. Nous savons que ce monde évolue dans la zone habitable, ce qui signifie qu’elle abrite peut-être de l’eau sous forme liquide à sa surface.

Plus proche de nous se trouve également Tau Ceti, à seulement 12 années-lumière. Cette étoile serait accompagnée de cinq planètes, dont deux seraient situées en zone habitable.

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