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L’expérience Mars500 a modifié le microbiote des astronautes

Mars500 équipe
Crédits : ESA

Voyager vers Mars sera une rude épreuve pour l’organisme humain. L’expérience Mars500 en a d’ailleurs apporté la preuve. Simulant les conditions d’un aller-retour vers la planète rouge elle a montré des effets indésirables sur le microbiote des participants.

Des modifications au niveau du microbiote

Lorsque nous évoquons les éventuels futurs voyages vers Mars, les sujets les plus fréquents sont les moyens technologiques permettant d’y arriver ou encore la façon de s’établir sur cette planète. Or, d’autres sujets sont tout aussi préoccupants, dont la santé des astronautes. Alors qu’il est question du côté de SpaceX d’une possible mission habitée en 2026, de nombreuses questions sur ce sujet restent en suspens.

Mars500 (2010-2011) était un programme expérimental russe dont l’ESA était partenaire impliquant pour plusieurs astronautes un séjour de 520 jours dans un espace restreint à l’écart du monde extérieur. L’objectif était de recréer les conditions d’un aller-retour vers Mars dans une installation reprenant la configuration d’un véhicule spatial. Cela a ensuite permis d’analyser les répercussions physiologiques et psychologiques chez les participants.

À la fin de l’expérience, les six astronautes avaient un bon état de santé général. En revanche, ce confinement prolongé avait modifié leur physiologie. Dans une étude parue récemment dans la revue Computational and Structural Biotechnology Journal, des chercheurs de l’Université de Montréal (Canada) affirment avoir analysé à nouveau des échantillons de selles des volontaires. Ils ont observé des modifications au niveau de la flore intestinale (ou microbiote).

Mars500 lieux experience
Crédits : ESA

Des altérations indésirables

Sur les 408 génomes bactériens analysés par les scientifiques, 213 étaient communs aux six astronautes. Ils se sont donc focalisés sur eux. À la fin de l’expérience, seize espèces bactériennes avaient proliféré dans l’intestin des astronautes. Néanmoins, il s’agit d’espèces très peu documentées, si bien que leur rôle dans le microbiote reste un mystère. Cependant, les chercheurs ont tout de même pu identifier Streptococcus thermophilus, une bactérie que l’on utilise dans les processus de fermentation du lait. Toujours à la fin de l’expérience, une quinzaine d’autres espèces de bactéries mieux connues ont diminué en quantité. Il s’agissait des bactéries relatives au métabolisme de l’insuline, à la dégradation des amidons résistants ou encore ayant des propriétés anti-inflammatoires.

Rappelons tout de même que malgré un bon état de santé général, le bilan de santé des astronautes à la fin de l’expérience témoignait d’une inflammation intestinale et d’une résistance à l’insuline. Or, ces deux phénomènes étaient absents chez ces mêmes participants au début du programme. L’étude canadienne apporte donc les premières preuves qu’un confinement prolongé peut altérer le microbiote des humains. Ce point devrait ainsi avoir son importance lorsqu’arrivera le moment de préparer les premières missions de colonisation de Mars.