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Les astronautes pourraient bien utiliser l’aquaculture sur la Lune et sur Mars

Crédits : Vmenkov / Wikipedia

Aujourd’hui et depuis toujours, les astronautes en mission dans l’Espace consomment peu de nourriture fraîche. Et pourtant, lors de l’établissement d’une base sur la Lune et une colonie sur Mars, il faudra bien trouver un moyen de générer de la nourriture sur place.

Se nourrir dans l’Espace

Dans le cadre de la mission Proxima, le spationaute français Thomas Pesquet avait occupé la Station Spatiale Internationale (ISS) de novembre 2016 à juin 2017. Ce dernier y retournera au mois d’avril 2021, à bord une capsule Crew Dragon de SpaceX. Durant son séjour à bord de l’ISS, il avait notamment dégusté de petits plats élaborés par de grands chefs étoilés tels qu’Alain Ducasse et Thierry Marx. Au menu ? Homard breton ou crémeux au citron, magret de canard ou encore volaille en Parmentier. Et pourtant, il ne s’agissait pas de nourriture fraîche. En effet, il a fallu emporter des boites de conserve depuis la Terre.

Comme l’expliquait l’Agence Spatiale Canadienne (ASC) dans une publication de 2019, la nourriture à consommer dans l’Espace doit répondre à certains critères. Par exemple, elle doit être compacte et légère, car la place à bord est limitée et le transport de produits très onéreux. Les aliments doivent également être très nutritifs pour une alimentation saine, sans oublier leur saveur.

Outre le peu de produits frais et les aliments « nature » (à consommer tels quels), la nourriture se présente très souvent en conserve, séchée, déshydratée, thermostabilisée ou encore irradiée. Néanmoins, lorsqu’il sera question d’établir un village lunaire et une colonie martienne impliquant des séjours très longs, il faudra bien trouver une solution pour cuisiner sur place. Outre la culture potagère, une autre possibilité est envisagée : l’aquaculture (ou halieuculture). Toutefois, si la culture potagère en microgravité présente plusieurs intérêts, les perspectives en termes de protéine sont assez peu concluantes.

Des travaux prometteurs

Comme l’explique Hakai Magazine dans un article du 22 février 2021, le chercheur à l’IFREMER Cyrille Przybyla est à l’origine du projet Lunar Hatch. L’objectif ? Permettre aux astronautes d’élever des poissons dans l’espace. Selon un communiqué de presse, les poissons se trouvent dans un grand réservoir et reçoivent « de nouvelles sources de protéines et de lipides » en guise de nourriture. Par ailleurs, leurs effluents sont recyclés au moyen de microalgues. Il estime que les prochaines expéditions spatiales de longue durée devraient plutôt embarquer des œufs fécondés qui résisteront selon lui beaucoup mieux au voyage que des poissons.

oeufs poisson fecondés
Crédits : Lunar Hatch / IFREMER

Afin d’avoir d’acquérir des certitudes quant à la faisabilité de la chose, Cyrille Przybyla a fait subir à des œufs de poisson une simulation de décollage. Ces derniers ont survécu et entre 76 et 95 % d’entre eux ont par la suite éclos. Ce taux de réussite se trouve d’ailleurs assez proche du « groupe témoin » avec des œufs n’ayant subi aucune vibration.

Par ailleurs, le chercheur estime que certaines espèces poissonnières ne sont pas vraiment adaptées pour un séjour dans l’Espace. En effet, les poissons ne devront pas consommer trop d’oxygène et devront également résister aux variations de température ainsi qu’au rayonnement cosmique. Citons aussi la nécessité d’avoir un temps réduit concernant l’éclosion. Ainsi, le bar et le maigre sont des espèces plus intéressantes que le saumon et le cabillaud.

Enfin, Cyrille Przybyla a évoqué d’autres aspects positifs concernant cette innovation. Selon lui, avoir un élevage de poisson pourrait être source de bien-être pour les astronautes. Cette installation leur rappellerait la vie sur Terre. De plus, s’occuper de l’élevage et des cultures potagères leur apporterait un peu de distraction.