in

Le prix Nobel de médecine récompense les travaux sur l’oxygénation des cellules

Crédits : Niklas Elmehed

Le prix Nobel de médecine vient d’être décerné à William Kaelin de l’Université de Harvard, Peter Ratcliffe de l’Université d’Oxford et Gregg Semenza de l’Université de Johns Hopkins pour leurs travaux sur l’adaptation des cellules à la disponibilité en oxygène.

C’est la médecine qui ouvre le bal. L’année dernière, le prix Nobel avait été remis à James P. Allison et Tasuku Honjo pour leurs travaux sur l’immunothérapie. Cette année, ont été récompensés William G. Kaelin Jr, Sir Peter J. Ratcliffe et Gregg L. Semenza pour leurs découvertes sur les mécanismes d’adaptation des tissus et organes aux besoins en oxygène. Pour ce “cru” 2019, l’institut Karolinska avait tout de même reçu 633 nominations !

L’oxygénation des cellules

Pour vivre, nos cellules ont besoin d’oxygène. Or, cet apport en oxygène n’est jamais constant, pour une raison ou pour une autre – parce vous faites de l’exercice ou à cause de certaines maladies. Pour comprendre comment nos cellules réagissent à ces variations d’apports en oxygène, Gregg Semenza, de l’Université de Johns Hopkins, s’est dans un premier temps penché sur le gène de l’érythropoïétine (EPO). Il s’agit d’une hormone produisant davantage de globules rouges lorsque le taux d’oxygène est faible.

Ce chercheur a identifié deux protéines qui semblent contrôler le fonctionnement du gène. Il a également découvert que l’une d’elles réagissait aux niveaux d’oxygène. Pour faite simple, il a relevé que cette protéine est présente lorsque les niveaux d’oxygène sont bas, et qu’elle disparaît quand les niveaux d’oxygène sont suffisants.

William Kaelin de l’Université de Harvard, Peter Ratcliffe de l’Université d’Oxford, ont de leur côté identifié une autre protéine, appelée VHL. Celle-ci serait responsable de la destruction de la première protéine, décrite ci-dessus – lorsque les niveaux d’oxygène sont suffisants.

Notons également que si les premiers travaux portaient sur un unique gène, les chercheurs ont ensuite réussi à isoler au moins 300 autres gènes régulés par la protéine originale identifiée par Semenza. C’est la découverte de cet incroyable processus moléculaire qui vient d’être récompensé.

Une possible révolution en médecine

Ces travaux, outre le simple fait de mieux appréhender le fonctionnement de nos cellules, permet d’ouvrir une nouvelle fenêtre de recherches pour le traitement de toute une gamme de maladies, de l’anémie à la crise cardiaque en passant par le cancer. Tous les gènes relevés ci-dessus étant impliqué dans ces troubles.

La semaine des Prix Nobel se poursuit demain avec la remise du prix de physique. Suivront la remise du prix Nobel de physique (mardi), de chimie (mercredi), de littérature (jeudi). Le Prix Nobel de la paix sera remis vendredi, et le prix d’économie lundi prochain.

Articles liés :

Biographie : Marie Curie (1867-1934), le premier prix Nobel féminin

Un scientifique australien gagne le prix Ig Nobel de chimie en décuisant un oeuf dur

Pourquoi Albert Einstein était-il si intelligent ?