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Le chercheur affirmant que la viande rouge n’est pas dangereuse est accusé de conflit d’intérêts !

Crédits : Pixabay / Alexas_Fotos

Tout récemment, nous évoquions une étude conseillant aux adultes européens et nord-américains de ne rien changer à leurs habitudes concernant leur consommation de viande rouge. Or, le passé tumultueux du chercheur principal de cette même étude a resurgi, si bien que ce dernier se retrouve accusé de conflit d’intérêts !

Des conclusions surprenantes

Depuis 2015, la viande rouge et la charcuterie sont considérées par l’OMS comme des agents cancérigènes pour l’Homme. Cette qualification avait été motivée par une évaluation basée sur plus de 800 études menées à travers le monde. Toutefois, une publication diffusée dans les Annals of Internal Medicine le 1er octobre 2019 a permis à une vingtaine de chercheurs de fournir une conclusion surprenante.

Selon eux, il faudrait que les adultes vivant en Europe et en Amérique du Nord ne changent rien à leur consommation actuelle de viande rouge. Autrement dit, une consommation de trois à quatre portions en moyenne par semaine serait acceptable. Ce réexamen d’études a permis d’arriver à la même conclusion en ce qui concerne la charcuterie. Par ailleurs, les recommandations circulant habituellement sur les risques concernant ce type d’alimentation ont été minimisées, voire niées.

Un passé qui refait surface

En réaction à ces conclusions contraires aux nombreuses études déjà menées sur le sujet, nous annoncions que celles-ci ne devraient pas être beaucoup suivies par les autorités et organisations compétentes. Par exemple, le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) avait rapidement indiqué ne pas vouloir changer ses consignes.

Le 4 octobre 2019, le New York Times a fait une révélation concernant le chercheur principal de l’étude, un dénommé Bradley Johnston. Ce dernier fait partie du Département de santé communautaire et d’épidémiologie de la faculté de médecine de l’Université Dalhousie (Canada). Or, l’intéressé a déclaré à la revue dans laquelle l’étude a été publiée, ne pas avoir participé à des études comportant des risques de conflits d’intérêts durant les trois dernières années.

Toutefois, Bradley Johnston a dirigé en 2016 une étude très douteuse remettant en cause les risques liés à la surconsommation de sucre. Ces recherches avaient été financées par l’International Life Sciences Institute (ILSI), une institution financée par les grands pontes de la malbouffe – Coca-Cola, McDonald’s et PepsiCo en tête.

Bradley Johnston, principal chercheur de l’étude récente concernant la viande rouge
Crédits : Université Dalhousie

À qui la faute ?

Le chercheur a répliqué en indiquant être dans la légalité car l’argent provenant du ILSI lui avait été versé 2015, soit il y a quatre ans. Selon lui, il n’était pas tenu de déclarer cette affaire passée. Par ailleurs, la revue Annals of Internal Medecine semble avoir botté en touche. La rédactrice en chef de a en effet déclaré que personne ne vérifie les déclarations des chercheurs et que les publications étaient basées sur la confiance.

N’oublions pas de rappeler que si Bradley Johnston est accusé de conflit d’intérêts, ce dernier est tout de même accompagné par toute une équipe de chercheurs. De plus, comme le rappelle le New York Times, le ILSI a déjà fait parler de lui auparavant. En effet, l’OMS a noté que cet institut avait déjà contredit plusieurs fois ses recommandations pour défendre les intérêts de ses financeurs.

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