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Même de petites quantités de viande rouge augmentent les risques de décès

Crédits : HolgersFotografie / Pixabay

Une récente étude de Loma Linda University Health (États-Unis) suggère que la consommation de viandes rouges et transformées – même en petite quantité – peut augmenter le risque de décès prématuré.

Même un petit peu ?

Nous savons depuis longtemps qu’une consommation importante de viande rouge augmente les risques de développer certaines maladies. Les cancers, par exemple, ou les maladies cardiovasculaires, entre autres. Il y a donc un risque de décès prématuré. Dès lors, il a souvent été conseillé de manger de la viande “avec modération”. Mais de plus petites quantités sont-elles réellement sans dangers ? Non, répond une étude publiée dans la revue Nutrients. Il sera toujours plus risqué de manger “un peu” de viande que pas du tout.

« Une question sur l’effet des niveaux d’absorption inférieurs par rapport à une consommation sans viande est longtemps restée sans réponse, explique Saeed Mastour Alshahrani, principal auteur de l’étude. Nous voulions examiner de plus près l’association entre les faibles apports en viande rouge et transformée, les maladies cardiovasculaires toutes causes confondues, et la mortalité par cancer par rapport à ceux qui ne consommaient pas de viande du tout ».

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Manger de la viande rouge, même en petites quantités, augmente les risques de décès prématuré. Crédits : Pixabay

Un risque accru de décès et de maladies cardiovasculaires

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs se sont penchés sur les cas de 96 000 hommes et femmes adventistes (un mouvement chrétien). Ces derniers constituent une population unique, parfaitement adaptée à cette étude. En effet, environ 50 % sont végétariens, et l’autre moitié ne consomme de la viande rouge qu’en petites quantités (environ 50 grammes par jour). 7 900 décès ont été enregistrés au cours de l’étude, menée sur 11 ans. L’occasion pour les chercheurs de faire des comparaisons.

Au total, près de 2 600 des décès signalés étaient dus à une maladie cardiovasculaire, et plus de 1 800 étaient dus à un cancer. La consommation de viande transformée (séchage, fumage, salage) n’était pas associée de manière significative au risque de mortalité. Probablement en raison des très petites proportions consommées. En revanche, la consommation de viande rouge totale (transformée ou non transformée) était associée à des risques plus élevés de décès.

« Nos résultats donnent plus de poids aux preuves suggérant déjà que la consommation de viande rouge et transformée pourrait avoir un impact négatif sur la santé et la durée de vie », a déclaré Michael Orlich, co-auteur de l’étude.

Rappelons qu’outre les problèmes de santé et les soucis de bien-être animal, la consommation de viande reste également une industrie très polluante. Une récente analyse suggérait par ailleurs que celle-ci devrait augmenter fortement alors que la population mondiale est en pleine croissance. En ce sens, l’élevage industriel devrait jouer un rôle de premier plan dans l’augmentation des émissions de carbone au cours de ces prochaines années.

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