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Viande rouge : une étude contradictoire estime que les risques liés à sa consommation sont en fait… faibles 

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Alors que de nombreux pays ont déjà conseillé à leur population de limiter la consommation de viande rouge, une étude récente remet tout cela en cause. Des chercheurs ayant réexaminé des dizaines d’études affirment en effet que les adultes européens et nord-américains ne devraient rien changer à leur consommation habituelle !

Ne rien changer à la consommation ?

La publication diffusée dans les Annals of Internal Medicine le 1er octobre 2019 a permis à une vingtaine de chercheurs de rendre leur verdict. Selon eux, il faudrait que les adultes vivant en Europe et en Amérique du Nord ne changent rien à leur consommation actuelle de viande rouge. Autrement dit, une consommation de trois à quatre portions en moyenne par semaine serait acceptable. Ce réexamen d’études a permis d’arriver à la même conclusion en ce qui concerne la charcuterie.

Rappelons tout de même que depuis 2015, la viande rouge et la charcuterie sont considérées par l’OMS comme des agents cancérigènes pour l’homme. Cette décision avait été motivée par une évaluation basée sur plus de 800 études menées à travers le monde. Il y a quelques mois, une étude américaine indiquait que même en petite quantité, la consommation de viandes rouges et transformées peut augmenter le risque de décès prématuré.

manger viande
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Un réexamen étonnant

Les études que les chercheurs ont réexaminées ont conclu que réduire la consommation de viande rouge de trois portions par semaine pourrait faire baisser la mortalité de 7 pour 1 000 personnes pour cause de cancer. Cependant, les chercheurs estiment que cette baisse est modeste et pensent même que le degré de certitude de cette statistique est faible. Par ailleurs, les preuves des liens précédemment établis entre la charcuterie, les maladies cardiovasculaires et le diabète ont été qualifiées de très faibles.

Ainsi, la très faible réduction de risques et l’incertitude des preuves sont les seuls arguments avancés par les chercheurs pour conseiller de ne rien changer à la consommation. En outre, un article publié dans France Info explique pourquoi la valeur scientifique de ce réexamen peut être questionnée. Notons par ailleurs que ce même réexamen fait réagir, surtout dans des pays où les recommandations nutritionnelles ont fait de la réduction de la consommation de viande une de leurs priorités.

Enfin, ces conclusions ne devraient pas être beaucoup suivies par les autorités et organisations compétentes. Citons par exemple le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) ayant d’ores et déjà indiqué ne pas vouloir changer ses consignes.

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