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En pleine crise du coronavirus, la mission ExoMars 2020 est finalement repoussée à 2022

Le rover prochainement déployé sur Mars dans le cadre de la missionExoMars 2020. Crédits : Capture YouTube / European Space Agency, ESA

L’agence spatiale européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos viennent d’annoncer le report du lancement de la très attendue mission ExoMars 2020 à 2022.

Tout comme la NASA, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos devaient profiter cette année d’une fenêtre de lancement pour démarrer une mission conjointe sur la planète rouge, baptisée ExoMars 2020. L’objectif principal était le même que celui du robot américain, à savoir chercher des traces de vie passée. Malheureusement, elle vient d’être reportée.

Se poser sur Mars, une entreprise compliquée

Atterrir sur Mars n’est pas ce qu’il y a de plus simple, dans la mesure où il n’y a quasiment pas d’atmosphère permettant de freiner la descente des vaisseaux. C’est d’ailleurs tellement compliqué que la moitié des missions qui ont tenté de se poser sur la planète rouge se sont écrasées.

Pour atterrir sur la surface martienne en douceur, vous devez (dans les grandes largeurs) réussir à ralentir une sonde lancée à plus de 20 000 km/h en six minutes environ. Pour se faire, la NASA (la seule agence qui a réussi la manoeuvre) s’est jusqu’à présent appuyée sur le déploiement de gigantesques parachutes.

C’est pourquoi l’agence européenne (ESA) et l’agence russe Roscomos, dans le cadre de leur mission conjointe Exomars 2020, qui devait décoller cet été, ont décidé d’opérer de la même manière.

Malheureusement, les tests de déploiement des voilures ne se sont pas passés comme prévu. Après plusieurs échecs essuyés en haute altitude, l’ESA avait alors demandé de l’aide à la NASA pour tenter de rectifier le tir.

Au cours de ces dernières semaines, les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena, en Californie, ont donc repensé les systèmes de déploiement. Les premiers tests ont été concluants mais ceux qui devaient être opérés en haute altitude n’ont pas encore pu être programmés.

Oxia Planum Mars
La mission ExoMars 2020 devait atterrir sur Oxia Planum, un bassin martien situé près de l’équateur de la planète rouge. Crédits : NASA

Un calendrier trop serré

Le problème, c’est que pour aller sur Mars, les agences doivent profiter d’une fenêtre de lancement qui ne s’ouvre que tous les 26 mois. C’est en effet à ce moment là que la planète rouge se rapproche de la Terre, ce qui permet d’économiser énormément de carburant (et donc d’argent).

La prochaine fenêtre s’ouvrira entre le 25 juillet et le 13 août prochain. La NASA, qui vient de nommer officiellement son rover, devrait pouvoir en profiter pour lancer sa mission comme prévu, mais côté européen, au regard des défis techniques qui restent encore à relever, le calendrier paraît désormais beaucoup trop serré.

Les coûts engagés dans la mission sont tels que les deux agences ne peuvent pas se permettre de risquer un crash sur la surface de Mars. C’est pourquoi il a donc été décidé de reporter la mission.

« En tenant dûment compte des recommandations fournies par les inspecteurs généraux européens et russes, les experts d’ExoMars ont conclu que les tests nécessaires pour que tous les composants du vaisseau spatial soient adaptés à l’aventure sur Mars nécessitent plus de temps (…) En outre, les parties ont dû reconnaître que la phase finale des activités d’ExoMars est compromise par l’aggravation générale de la situation épidémiologique dans les pays européens« , écrit l’ESA dans son communiqué.

Effectivement, cette se justifie également par la situation sanitaire actuelle. Comme l’ont souligné les chefs de l’ESA et de Roscosmos, la nécessité de maximiser la robustesse de tous les systèmes d’ExoMars impliquait forcément les déplacements d’experts chez plusieurs partenaires, dont la majorité se trouvent en France ou en Allemagne, deux pays actuellement concernés par la pandémie de Covid-19.

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