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La Chine se prépare à ramener des échantillons lunaires

Crédits : CNSA

La Chine se prépare à lancer l’une de ses missions les plus ambitieuses, visant à ramener sur Terre au moins deux kilos de roches lunaires. Le grand jour est prévu la semaine prochaine.

La Chine a fait d’incroyables progrès dans le domaine spatial au cours de ces dernières années. Plus récemment, l’Agence nationale spatiale chinoise (CNSA) s’est illustrée avec le lancement de sa mission Tianwen-1, en direction de la planète Mars. La Chine développe également sa future station – baptisé Tiangong – qui succédera bientôt à l’ISS. Sans oublier naturellement ses ambitions lunaires.

Cela ne vous a pas échappé : la Chine évolue en effet depuis début 2019 sur la face cachée de la Lune. Cet alunissage inédit va permettre d’en apprendre davantage sur la formation de notre satellite, mais aussi sur le Big Bang. À terme, le pays ambitionne également de pouvoir envoyer ses taïkonautes sur place, et d’installer une station lunaire permanente.

Enfin, énième objectif et non des moindres, la CNSA compte ramener sur Terre des échantillons de Lune dans le cadre de sa mission Chang’e 5.

La sonde, particulièrement lourde (8,2 tonnes), sera lancée la semaine prochaine (24 ou 25 novembre) par une fusée Longue Marche 5, le plus puissant des lanceurs chinois actuels. Celui-ci a été transféré ce mardi 17 novembre depuis son hangar vers le site de lancement voisin de la base spatiale de Wenchang, le long de la côte de la province insulaire méridionale de Hainan.

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Le lanceur lourd chinois Longue Marche 5, le 26 juin 2017. Crédits : 篁竹水声/Wikipédia

Le déroulé de la mission

La phase de transit vers la Lune doit normalement durer cinq jours, après quoi la sonde se placera en orbite. Une fois insérée, celle-ci lâchera un atterrisseur et un module de remontée qui viendront se poser en surface, dans la partie nord-ouest de l’océan des Tempêtes, la plus grande des mers lunaires. Les sondes Luna 9, Luna 13, Surveyor 1 et Surveyor 3 s’y sont posées, tout comme l’expédition humaine Apollo 12.

Dès lors, l’atterrisseur se chargera de forer à deux mètres de profondeur pour prélever des échantillons. Une fois ce prélèvement effectué (la Chine aimerait recueillir deux kilos de roches), le module décollera dans le but de rejoindre l’orbiteur et lui remettre le précieux butin. Enfin, l’orbiteur entamera le trajet de retour vers la Terre, avant de finalement larguer son “colis” en Mongolie-Intérieure.

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Crédits : Loren Roberts/wikipédia

Grâce à cette mission, les scientifiques chinois pourront analyser des échantillons de Lune inédits. La zone d’extraction se caractérise en effet par des roches volcaniques relativement jeunes (moins de trois milliards d’années), et par de fortes concentrations de KREEP, un matériau caractérisé par l’abondance d’uranium, de thorium et de potassium.

Si la Chine réussit, il s’agira également des premiers échantillons lunaires ramenés sur Terre depuis le programme américain Apollo et la mission soviétique Luna 16. Lancée en 1970, cette sonde spatiale avait en effet réussi, pour la première fois de l’histoire, à recueillir un échantillon du sol d’un autre corps céleste sans intervention humaine et à le rapporter sur Terre.