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L’ISS n’est pas éternelle. Voici comment elle finira par mourir

Crédits : WikiImages/pixabay

En orbite autour de la Terre depuis plus de vingt ans (pour les modules les plus anciens), l’ISS est vieillissante. Dans quelques années, elle sera donc abandonnée par les astronautes. Mais qu’adviendra-t-il de la structure ?  

Le 2 novembre 2000, l’astronaute de la NASA Bill Shepherd et les deux cosmonautes russes, Yuri Gidzenko et Sergei Krikalev, se sont arrimés à l’ISS pour la toute première fois. Depuis, la station, née d’une volonté d’apaiser les tensions géopolitiques au lendemain de la Guerre froide, est occupée en permanence. Les vingt dernières années ont été une réalisation incroyable. À ce jour, 244 personnes de 19 pays différents y ont séjourné, dont certains plusieurs fois. Et plus de 3 000 enquêtes scientifiques y ont été menées, impliquant 108 pays.

Une retraite qui approche

Mais comme le reste d’entre nous, la Station spatiale internationale vieillit. Son maintien en état de marche et les vols d’astronautes restent également coûteux. La NASA, par exemple, débourse pas moins de quatre milliards de dollars par an pour l’ISS. Si elle veut un jour étendre la sphère de ses activités humaines au-delà de l’orbite terrestre basse, l’agence doit donc reconsidérer ses priorités budgétaires. Aussi, l’ISS sera normalement bientôt délaissée. Mais que va-t-il advenir de la structure ?

Elle ne pourra rester en orbite indéfiniment. Comme pour les satellites, l’ISS est attirée à la fois par la Terre et sa gravité, et « entraînée » vers le vide intersidéral par sa vitesse (7,66 kilomètres par seconde). C’est cet équilibre délicat entre les deux forces qui la maintient toujours sur la même trajectoire.

Ceci dit, à une telle altitude (400 km au-dessus de nos têtes), l’ISS rencontre parfois quelques molécules qui ont pour effet de ralentir sa vitesse. C’est pourquoi elle a de temps en temps besoin d’un petit « coup de pouce » pour ne pas redescendre. Pour l’heure, il est prévu que les vols vers la station permettant de la « redresser » se poursuivent au moins jusqu’en 2024. Et d’un point de vue technique, nous savons par la NASA que l’ISS pourra continuer à voler jusqu’en 2028, voire un peu plus si nécessaire. Mais après ?

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La Station spatiale internationale en septembre 2000, juste avant que les premiers humains ne l’intègrent. Crédits : NASA

Une désorbitation compliquée et risquée

Dès sa construction, qui a nécessité pas moins de 42 lancements (dont 37 opérés par les navettes américaines), il a été « timidement » question de désorbiter la station pour lui permettre de rentrer et de brûler dans l’atmosphère. Ces opérations auraient dû être opérées par les navettes spatiales américaines. Or, ces dernières ne sont plus en service depuis 2011.

Des scénarios alternatifs permettant cette fameuse désorbitation de la station sont en préparation, assure la NASA. Si ces derniers n’ont pas encore été officiellement rendus publics, un article publié en 2017 par un groupe d’ingénieurs de la NASA et de Roscosmos nous avait en revanche présenté l’une des options d’élimination privilégiées.

Concrètement, le plus souvent, un véhicule cargo russe Progress s’amarre à la station et transfère un peu de carburant dans les propulseurs du module de service principal pour alimenter la combustion de la structure. De cette façon, l’ISS remonte un petit peu et poursuit sa route normalement.

Dans le cadre d’une désorbitation contrôlée, les véhicules Progress feraient la même chose, mais dans le sens inverse, abaissant la station à l’altitude souhaitée. De cette manière, sa rentrée atmosphérique serait plus « prévisible », permettant aux gestionnaires de cibler le Pacifique pour la retombée des débris.

Le défi reste néanmoins immense, et tout de même très risqué. Pour rappel, l’ISS pèse 400 tonnes et mesure quasiment la longueur d’un terrain de football. Et plus un objet est gros, moins l’atmosphère est susceptible de le brûler complètement. En outre, ces travaux présentés en 2017 avaient été basés sur les procédures de désorbitation menées sur la station spatiale russe Mir en 2001. Or, la Station spatiale internationale est environ trois fois plus lourde.

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Le module Zvezda de la Station spatiale internationale. Crédits : NASA

Une station chinoise pour la remplacer

Une station chinoise baptisée “Tiangong” (Palais céleste) devrait en effet succéder à l’ISS d’ici 2023.  Nous savons qu’elle pèsera près de 100 tonnes, qu’elle comportera trois modules et qu’elle devrait également évoluer en orbite basse pendant au moins quinze ans. À bord, les taïkonautes mèneront diverses expériences scientifiques et se prépareront aux futurs vols de longue durée. Enfin, notez que cette nouvelle station sera également accessible à tout autre pays membre de l’ONU.