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Une nouvelle technique pour observer les débris spatiaux en pleine journée !

Crédits : Agence Spatiale Européenne (ESA)

Des milliers de débris spatiaux sont présents en orbite basse. Au sol, les scientifiques calculent leur trajectoire afin d’éviter les possibles collisions. Alors qu’habituellement, ces calculs sont possibles seulement durant quelques heures de la nuit, des chercheurs ont mis au point une technique pour observer les débris en journée et sans limite de temps.

Une révolution en matière d’observation ?

Depuis les années 60, l’espace entourant notre planète contient de nombreux débris : étages de fusées, boosters ou encore satellites inactifs. Aujourd’hui ces tonnes de débris constituent une menace prise très au sérieux concernant la Station spatiale internationale (ISS) ainsi que les autres satellites actifs. Or, certains débris portent des réflecteurs et sont facilement repérables. Toutefois, la majorité en est dépourvue.

Depuis la Terre, les astronomes scrutent ces débris à l’aide de lasers afin de prédire leur trajectoire et éviter les éventuelles collisions. Toutefois, la technique actuelle permet cela durant quelques heures seulement, et de nuit. Une étude publiée dans la revue Nature Communications le 4 août 2020 évoque une nouvelle approche. Ces recherches menées par Tim Flohrer, responsable du Space Debris Office à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) pourraient révolutionner l’observation des débris spatiaux.

Motivée par ces recherches, l’ESA projette déjà de construire une nouvelle station laser dans les Canaries (Espagne). Cette dernière se trouvera à proximité de l’actuel télescope OGS de l’observatoire du Teide sur l’île de Tenerife. Le visuel ci-dessous est relatif au futur réseau de surveillance des débris spatiaux.

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Crédits : ESA

Faire de la télémétrie toute la journée

À l’Institut de recherche spatial autrichien, les chercheurs sont parvenus à augmenter le contraste des débris spatiaux. Ainsi, ceux-ci deviennent visibles en plein jour ! Cette nouvelle technique fait appel à une combinaison de télescopes, de filtres et autres détecteurs. Dans un communiqué, les scientifiques expliquent que désormais, il est possible d’observer des objets auparavant invisibles dans le ciel bleu. Autrement dit, ils sont aujourd’hui capables de faire de la télémétrie laser toute la journée afin de mieux contribuer à éviter les possibles collisions entre les débris et les satellites en orbite.

« En fin de compte, cela signifie que nous apprendrons à mieux connaître la population de débris, ce qui nous permettra de mieux protéger l’infrastructure spatiale européenne», a déclaré Tim Flohrer.

Si les meneurs de l’étude ont pu repérer environ une quarantaine de débris différents, leurs observations vont plus loin. En effet, ces derniers ont observé des étoiles dont la luminosité est dix fois plus réduite que celle des astres visibles à l’œil nu !