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Un sommeil perturbé chez les ados augmente le risque de dépression à l’âge adulte

Une récente étude canadienne a conclu que les adolescents ayant une mauvaise qualité de sommeil ont plus de risques de devenir dépressifs à l’âge adulte. Selon les chercheurs, une perturbation récurrente du sommeil serait l’une des causes sous-jacentes de la dépression.

Une exposition plus importante chez les ados

« Les adultes souffrant de dépression ressentent souvent leurs premiers symptômes dépressifs au début de l’adolescence » a déclaré Nafissa Ismail, de l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa (Canada).

Dans leur étude publiée dans la revue Behavioural Brain Research le 13 novembre 2020, les chercheurs disent avoir réalisé des expériences concluantes. Celles-ci ont concerné pas moins de 80 souris adolescentes et adultes (40 mâles et 40 femelles). L’objectif ? Voir si des manques de sommeil récurrents étaient capables d’affecter la réponse au stress. Selon les résultats, les souris adolescentes mâles et femelles avaient un comportement dépressif bien plus important que les souris adultes ayant un meilleur sommeil. Par ailleurs, ces résultats sont apparus après seulement sept jours de perturbation du sommeil.

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Crédits : Pexels

Les adolescentes davantage exposées

Pour les meneurs de l’étude, les résultats indiquent que ces retards de sommeil importants pendant l’adolescence peuvent augmenter le risque de dépression chez les adultes, peu importe leur sexe. De plus, ces conséquences touchent beaucoup moins les adultes également soumis à des problèmes de sommeil. Toutefois, les chercheurs soulignent également que les adolescentes sont davantage touchées. Ces dernières font l’objet d’une plus forte exposition au stress, ce qui peut potentiellement augmenter les risques de développer des troubles de l’humeur. Les souris adolescentes ont en effet montré « une plus grande libération d’hormones du stress et une plus grande activation des cellules cérébrales sensibles au stress ».

Cette étude donne à penser que mieux considérer l’impact d’une mauvaise qualité du sommeil chez les ados est nécessaire. De plus, l’actuelle crise sanitaire ponctuée d’épisodes de confinement représente une période à risques à ce niveau-là. En effet, la pression liée aux horaires à respecter est moins forte que d’habitude. Ceci concerne par exemple les interactions sociales limitées, l’apprentissage à distance et l’augmentation du temps passé devant les écrans.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dépression est un trouble mental commun, touchant plus de 264 millions de personnes dans le monde. Il s’agit ici de la première cause d’incapacité dans le monde, celle-ci pouvant conduire – dans les cas les plus graves – au suicide. Or chaque année, 800 000 personnes meurent de cette manière, à savoir qu’il s’agit de la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.