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Une tache solaire géante fait face à la Terre : doit-on craindre une émission de particules dirigée droit sur nous ?

Crédits : Pitris/iStock

Le Soleil se rapproche de son pic d’intensité magnétique prévu pour 2025, un fait naturel lié au cycle qu’il effectue tous les onze ans. Cependant, une tache solaire géante est apparue face à nous, en début de semaine dernière. Faut-il redouter une éruption de notre étoile qui pourrait frapper la Terre de plein fouet dans les jours à venir ?

Récemment, notre Soleil s’est montré très capricieux. Son intensité magnétique s’est fortement accrue au cours des mois passés, provoquant par là même une éruption solaire de classe X qui a déclenché un black-out dans plusieurs zones du globe en avril 2022. De plus, le site Spaceweather a annoncé lundi 20 juin qu’une tache solaire géante, baptisée AR3038, se trouvait dans notre champ de visée. Sa taille a doublé en l’espace d’une seule journée, atteignant 2,5 fois celle de notre planète.

Le déclenchement d’une éruption solaire

Une tache solaire apparaît à la surface de l’étoile en raison d’une puissante activité magnétique locale. En effet, cette perturbation freine la convection du plasma, entraînant ainsi une baisse de la température qui laisse poindre une tache noire sur la photosphère. L’éruption solaire se produit alors quand les champs magnétiques se torsadent au-dessus de cette émergence sombre et expulsent l’énergie emmagasinée.

Soleil taches
Exemple de taches solaires sur la photosphère. Crédits : Pxhere

Une tache géante certes, mais pas de danger apparent

La tache solaire AR3038 possède un magnétisme de type « bêta-gamma » particulièrement instable qui demeure avec la classe « delta » les plus gros évènements du genre. Comme lors de l’éruption de Pâques en avril 2022, si un jet de particules venait à surgir dans notre direction, des coupures radio mondiales seraient à prévoir.

Les scientifiques estiment que AR3038 n’engendrera pas d’éruption solaire extrêmement menaçante, si tant est qu’éruption solaire il y ait. Elle ferait alors partie de la classe M, celle qui ne fait au maximum que perturber le champ électromagnétique de la Terre durant un bref instant. Néanmoins, le flux de particules chargé peut mettre fin à une quantité de formes de communication et anéantir certains systèmes électromagnétiques.

Pour l’heure, cette apparition au niveau de la couche externe de notre étoile se situe non loin de l’équateur du Soleil et mettra encore quelques jours à se déplacer pour atteindre le côté opposé de l’astre. II n’y a donc pas lieu de s’alarmer, selon les spécialistes.

Soleil surface
Crédits : Wikilmages/Pixabay

Ces cycles magnétiques qui peuvent conduire au désastre

Le champ magnétique du Soleil reste en perpétuelle évolution. Il peut s’avérer dangereux dans certaines situations, voire mortel dans les cas les plus extrêmes, fort heureusement plus que rarissimes. En 2012, La Terre a évité de justesse un évènement de ce type hautement énergétique, si bien que notre société aurait perdu toute forme de communication électronique.

C’est ce qu’a connu notre planète bleue en 1859. Le flux de forte intensité a croisé le chemin de notre vaisseau cosmique. Cette collision n’a pas occasionné d’effet destructeur, puisqu’aucune construction humaine n’était sensible à l’interaction du jet solaire, mis à part le télégraphe.

La Terre subit elle aussi actuellement un changement dynamique de son champ magnétique, qui tout comme notre astre de lumière évoluerait suivant un cycle, bien que celui-ci soit difficile à déterminer. Par ailleurs, après une efficacité quelque peu amoindrie de ce champ protecteur depuis 180 ans et l’apparition d’une anomalie au-dessus de l’Atlantique Sud en 1958, les scientifiques envisagent une permutation imminente des pôles magnétiques terrestres. Mais est-ce réellement le cas ?