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SpaceX dépose son lanceur à 33 moteurs sur sa rampe de lancement

Crédits : Trevor Mahlman

Après une série de sept vols d’essai de prototypes de Starship d’août 2020 à mai 2021, SpaceX s’apprête à titiller le ciel à nouveau avec son vaisseau Starship. Cette fois, il ne sera pas seul, mais coiffé au-dessus de son énorme booster nommé Super Heavy. Équipé de trente-trois moteurs Raptor nouvelle génération, le lanceur vient de rejoindre sa rampe de lancement pour effectuer des tests.

Une année chargée dans le sud du Texas

Progressivement, SpaceX a repoussé les limites, en commençant par deux sauts de 150 mètres avant de passer à des vols atteignant près de 12,5 km. Après quelques échecs, ce premier programme d’essais se clôturait l’année dernière par un atterrissage en douceur du Starship SN15. À ce stade, SpaceX avait poussé son prototype de vaisseau aussi loin qu’il pouvait aller. En effet, le véhicule n’avait pas encore la capacité d’atteindre l’orbite par lui-même. Pour ce faire, la société a développé un premier étage nommé « Super Heavy », tout comme les systèmes au sol associés.

Au cours de ces derniers mois, SpaceX s’est également occupée de son nouveau bébé : le Raptor 2. Le moteur d’origine était en effet trop lourd et manquait de performances. À titre de comparaison, le premier produisait 185 tonnes de poussée, tandis que le second en produira au moins 230. Il devrait également coûter deux fois moins cher à construire et être considérablement plus robuste.

Tous ces travaux n’ont pas été simples. Cet énorme véhicule nécessitant trente-trois moteurs, la société a en effet dû repenser ses capacités de production. Aerojet Rocketdyne, l’ancien leader de la propulsion aux États-Unis, s’est fixé pour objectif de construire quatre moteurs RS-25 pour la fusée SLS de la NASA par an. De son côté, SpaceX construit actuellement au moins quatre de ses propres moteurs par semaine.

Beaucoup d’efforts ont également été consacrés au développement d’une énorme tour de « lancement et de capture ». D’une hauteur de plus de 150 mètres, la structure supportera la fusée entièrement empilée pendant les opérations de ravitaillement et de lancement. Puis, quelques minutes après le lancement, elle attrapera le premier étage avec d’énormes « baguettes » alors que la fusée ralentira près du sol. L’ensemble du processus de conception et de construction a duré environ treize mois.

Enfin, au cours de ces derniers mois, la société était également dépendante de la FAA et de son rapport environnemental.

starship super heavy
Le Starship coiffé sur son lanceur Super Heavy. Crédits : SpaceX

Des prochains tests cruciaux

Pour toutes ces raisons, les rampes de lancement de Boca Chica, au Texas, sont restées silencieuses depuis plus d’un an. Désormais, la société peut aller de l’avant. Ce jeudi 23 juin, le prototype de Super Heavy Booster 7 a même été déplacé dans le but d’opérer ses premiers tests. Pour ce faire, il a été soulevé pour la première fois par les fameuses « baguettes » de la tour de lancement et placé sur son support.

Si ce booster survit aux tests de pression et potentiellement à un test de tir statique dans les jours et les semaines à venir, il pourrait être réquisitionné pour effectuer le premier vol d’essai orbital du Starship. Elon Musk a récemment déclaré qu’il pensait qu’une tentative de lancement pourrait avoir lieu en juillet.