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Que retenir du dernier grand test de répétition de l’énorme fusée SLS ?

Crédits : Maxar Technologies

La NASA vient d’opérer une nouvelle répétition générale humide de son lanceur géant SLS. Au cours de ce test, les ingénieurs ont alimenté la fusée en carburants et simulé un compte à rebours. Malgré l’enregistrement d’une petite fuite, l’équipe estime que cette nouvelle étape est un succès.

La fusée SLS (Space Launch System) était sortie de son hangar début juin dans le but de rejoindre la rampe de lancement 39B en vue d’une énième répétition générale humide (humide en raison de l’écoulement de carburant réel dans les réservoirs de propulseur). L’équipe avait déjà connu trois tentatives infructueuses, toutes avortées pour des problèmes techniques. Cette fois-ci aura été la bonne… ou presque.

Un test positif, mais pas parfait

Ce lundi 20 juin, les réservoirs de propulseur de la SLS ont en effet été pour la première fois entièrement remplis de plus de 740 000 litres d’oxygène liquide et de plus de deux millions de litres d’hydrogène liquide, et un compte à rebours a bien été simulé.

D’après les équipes, les problèmes survenus lors des trois tentatives précédentes en avril ont tous été résolus. « Je pense que ce fut une journée très réussie et qu’elle a de nouveau atteint la majorité des objectifs« , a déclaré mardi Charlie Blackwell-Thompson, directeur du lancement.

Cependant, un nouveau problème (une fuite d’hydrogène dans un connecteur de conduite de carburant) est de nouveau apparu. En réchauffant, puis en refroidissant à nouveau le connecteur, les ingénieurs espéraient que le joint se déplacerait suffisamment pour arrêter la fuite. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné.

Le compte à rebours s’étant dès lors interrompu à T-10 minutes, les ingénieurs ont élaboré un plan selon lequel une vanne se serait fermée pour stopper la fuite, permettant ainsi au compte à rebours de continuer à tester d’autres composants de la fusée et les procédures de lancement. Comme prévu, le compte à rebours s’est finalement arrêté à 29 secondes de la fin. L’oxygène liquide et l’hydrogène liquide ont ensuite été drainés.

Cependant, lors d’un lancement réel, ce problème de fuite aurait clairement signé la fin du compte à rebours. Ce test a donc été positif, mais il n’a pas été parfait.

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La fusée SLS dressée sur son pad. Crédits : NASA/Ben Smegelsky

Quelle est la suite du programme ?

Les responsables de l’agence ont d’ailleurs déclaré qu’il était encore trop tôt pour savoir si cette répétition serait suffisante pour donner le feu vert à la fusée. Ce mardi, les responsables de la NASA ont déclaré qu’ils devaient passer les données au crible pour le déterminer. Même si le compte à rebours s’était parfaitement déroulé, la mission Artemis 1 aurait de toute façon eu peu de chances de décoller avant la fin août.

Pour rappel, ce vol doit être le point de départ du programme Artemis, qui vise à ramener les humains sur la Lune. Au cours de ce test, la fusée enverra une capsule Orion non habitée chargée de faire le tour de notre satellite avant de revenir sur Terre. Si Artemis 1 se passe bien, la NASA prévoit de faire voler des astronautes à bord d’Artemis 2 et d’Artemis 3.

En attendant, la NASA pourrait décider d’effectuer une autre répétition générale humide. Elle pourrait également convenir qu’elle dispose de suffisamment de données et rapporter la fusée au bâtiment d’assemblage une dernière fois pour les derniers préparatifs de lancement. Ces derniers comprennent l’installation du mécanisme d’autodestruction pour détruire la fusée dans le cas où quelque chose se passe mal pendant le vol.