in

Les sakuras du Japon fleurissent plus tôt en raison du changement climatique

sakura cerisier japon
Crédits : tawatchaiprakobkit / iStock

Les sakuras sont de toute beauté lorsque leur floraison se produit, suscitant au passage la fascination chez de nombreuses personnes. Une étude récente suggère toutefois que cette même floraison est de plus en plus précoce et coïnciderait avec l’augmentation des températures au Japon. Or, cela peut avoir des conséquences sur la faune environnante.

Une floraison de plus en plus précoce

Le terme « sakura » désigne les cerisiers ornementaux du Japon, ainsi que leurs fleurs. Il en existe plus de 600 variétés, se différenciant notamment par le nombre de pétales ou encore la couleur des fleurs (et des feuilles). À Kyoto, le pic de floraison en 2021 s’est produit le 26 mars, soit la date de floraison complète la plus précoce depuis environ 1 200 ans. En 2022, ce même pic (également nommé « hanami ») est survenu le 1er avril.

Une équipe de chercheurs du Met Office (Royaume-Uni) et de l’Université métropolitaine d’Osaka (Japon) ont publié une étude sur le sujet dans la revue Environmental Research Letters le 16 mai 2022. Selon les scientifiques, le changement climatique ainsi que le réchauffement urbain ont avancé de onze jours la date du hanami.

sakura cerisier japon
Crédits : noizstocker / iStock

Causes et conséquences

Les chercheurs britanniques et japonais affirment que ce pic de floraison plus précoce coïncide avec la hausse des températures au Japon. À Kyoto, les températures moyennes du mois de mars sont aujourd’hui plus hautes de plusieurs degrés par rapport à celles que nous avions à l’époque préindustrielle. D’après les scientifiques, le changement climatique est le facteur principal de la précocité du hanami. Toutefois, le réchauffement urbain joue également un rôle important. En effet, les bâtiments ainsi que le bitume absorbent bien plus la chaleur du soleil que les paysages ruraux. Il s’agit d’ailleurs d’un phénomène bien connu. On parle d’îlot de chaleur urbain (ICU).

Les scientifiques estiment également qu’une floraison plus précoce des cerisiers pourrait avoir un impact non négligeable sur l’économie du Japon. En effet, le hanami est un événement culturel dans le pays. Les habitants ainsi que les touristes ont pour habitude de pique-niquer sous les arbres et consommer des produits spéciaux. Or, cette fête dure une semaine et de nombreuses personnes s’y prennent à l’avance pour tout planifier.

L’étude ne s’est pas seulement intéressée aux cerisiers. En effet, les scientifiques rappellent que de nombreuses autres espèces végétales fleurissent plus tôt chaque année, toujours en raison du changement climatique. Or, les plantes, les insectes et autres animaux entretiennent une interdépendance, au niveau de leur développement, leur alimentation ainsi que leur reproduction. Malheureusement, une floraison plus précoce des plantes peut donc occasionner une désynchronisation de leur cycle de vie par rapport aux insectes et autres animaux et remettre en cause l’intégrité des écosystèmes.