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Guerre en Ukraine : la mission ExoMars pourra-t-elle être lancée en septembre ?

Illustration du rover ExoMars débarquée sur la planète rouge depuis sa plateforme. Crédits : ESA

Après avoir raté sa fenêtre de lancement initiale en 2020, la mission ExoMars 2022, développée conjointement par l’Agence spatiale européenne et la Russie, devait finalement être lancée en septembre avec l’objectif de sonder la présence de vie passée sur la planète rouge. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine pourrait cependant de nouveau la reporter.

ExoMars 2022 : une mission en péril ?

Il y a deux ans, tout comme la NASA, la Chine et les Émirats arabes unis, l’Agence Spatiale européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos devaient profiter d’une fenêtre de lancement pour lancer une mission conjointe sur la planète rouge. Son objectif principal est similaire à celui de Perseverance, à savoir chercher des traces de vie passée.

Ce lancement dut finalement être reporté pour des raisons techniques et pandémiques. Aux dernières nouvelles, l’ESA et la Russie devaient profiter d’une nouvelle fenêtre de lancement ouverte entre le 20 septembre et le 1er octobre prochain. Le décollage devait se faire à bord d’une fusée russe Proton depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Cependant, les tensions géopolitiques entre la Russie et l’Occident concernant l’Ukraine pourraient de nouveau le retarder.

« Nous mettons pleinement en œuvre les sanctions imposées à la Russie par nos États membres. Nous évaluons les conséquences sur chacun de nos programmes en cours menés en coopération avec l’agence spatiale étatique russe Roscosmos et alignons nos décisions sur les décisions de nos États membres en étroite coordination avec des partenaires industriels et internationaux (notamment avec la NASA sur la Station Spatiale internationale)« , écrit l’ESA dans un communiqué.

« Concernant la poursuite du programme ExoMars, les sanctions et le contexte plus large rendent un lancement en 2022 très improbable« , peut-on lire encore. « Le directeur général de l’ESA analysera toutes les options et préparera une décision formelle sur la voie à suivre par les États membres« .

Vers un lancement en 2024

Si tel est le cas, l’ESA et la Russie devraient alors de nouveau patienter environ deux ans. En effet, rappelons que les agences souhaitant se rendre vers la planète rouge peuvent profiter d’une fenêtre de lancement qui ne s’ouvre que tous les vingt-six mois, au moment où la Terre commence à « rattraper » Mars sur son orbite avant de se positionner à ses côtés. Grâce à cette configuration, les sondes peuvent rejoindre Mars en six à sept mois environ.

Rappelons que ces tensions se font déjà ressentir. Il y a quelques jours, la Russie a en effet décidé de suspendre les lancements de ses fusées depuis la Guyane française en réponse aux sanctions de l’Union européenne après l’invasion de l’Ukraine.

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Illustration du rover européen de la mission ExoMars 2022. Crédits : ESA

En cas de nouveau report, la mission ne pourrait donc pas atterrir sur Mars avant au moins 2025. Pour rappel, il est toujours question de se poser dans la région d’Oxia Planum, susceptible d’avoir abrité de l’eau (et donc possiblement de la vie) il y a plusieurs milliards d’années.

Une fois sur place, l’idée sera d’installer une plateforme scientifique fournie par les Russes. Plusieurs instruments permettront alors de sonder l’environnement local. Pendant ce temps, un rover baptisé Rosalind Franklin, développé par l’ESA, se chargera de forer jusqu’à deux mètres en plusieurs endroits pour prélever des échantillons. Ceux-ci seront ensuite rapportés vers la plateforme pour être analysés. Les chercheurs espèrent y trouver des biomarqueurs trahissant la présence de vie passée sur la planète rouge.