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L’Europe s’envolera pour Mars en septembre pour y chercher la vie

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Illustration du rover Rosita Franklin déployée sur Mars. Crédits : ESA

Après avoir loupé sa fenêtre de lancement initiale en partie à cause de la pandémie, la mission ExoMars 2022 de l’Agence spatiale européenne devrait finalement être lancée en septembre. Son objectif, comme son nom l’indique, sera de sonder la présence de vie passée sur Mars.

Tout comme la NASA, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos devaient profiter en 2020 d’une fenêtre de lancement pour démarrer une mission conjointe sur la planète rouge. L’objectif principal de cette mission baptisée ExoMars 2020  était le même que celui du rover Perseverance, à savoir chercher des traces de vie passée, probablement microbienne.

Malheureusement, son lancement dut être reporté pour des raisons techniques liées au déclenchement des parachutes. Les coûts engagés dans la mission étaient en effet tels que les deux agences ne pouvaient se permettre de risquer un crash sur la surface. En outre, des retards liés à la pandémie de coronavirus avaient également été évoqués.

Depuis, l’ESA a résolu ses problèmes de parachutes grâce à l’aide de la NASA. Alors, quand cette mission très attendue pourra-t-elle finalement décoller ?

Septembre 2022 au plus tôt

Pour rappel, les agences souhaitant se rendre vers le système martien peuvent profiter d’une fenêtre de lancement qui ne s’ouvre que tous les vingt-six mois. C’est à ce moment-là que la Terre commence à « rattraper » Mars avant de se positionner à ses côtés. Grâce à cette configuration, les sondes et vaisseaux peuvent rejoindre Mars en six à sept mois environ tout en économisant du carburant (et donc de l’argent).

Or, la prochaine fenêtre doit s’ouvrir cette année. D’après l’ESA, un lancement pourrait être tenté entre le 20 septembre et le 1er octobre sur une fusée russe Proton depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

Si tel est le cas, le rover et sa plateforme de surface Kazachok, fournis par Roscosmos, pourraient atterrir sur Mars en juin 2023 dans la région d’Oxia Planum, une terre d’argile émanant de plusieurs canaux. Cette géologie suggère donc un passé humide il y a plusieurs milliards d’années. Ce site se place également à environ 3 000 mètres en dessous de ce que l’on considère comme le niveau de la mer sur Mars, de quoi profiter d’un maximum d’atmosphère dans le but de freiner l’atterrissage.

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Exemple de trajectoire avec la mission Insight. La Terre se trouve à l’intérieur et Mars dans le couloir extérieur. Crédits : Phoenix7777/Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Une plateforme + un rover

Déterminer si la vie a existé sur la planète rouge (ou existe encore aujourd’hui) est au cœur du programme européen ExoMars. Une fois sur place, l’idée sera d’installer la plateforme scientifique fixe proposée par les Russes. Plusieurs instruments permettront de sonder l’environnement martien, dont la distribution de l’eau sous la surface.

Pendant ce temps, un rover baptisé Rosalind Franklin, construit par l’ESA, se chargera de parcourir la surface et de forer jusqu’à deux mètres dans le but de récolter des échantillons de matière. En effet, les échantillons souterrains sont plus susceptibles d’inclure des biomarqueurs, l’atmosphère martienne ténue offrant peu de protection contre les radiations et la photochimie à la surface. Ceux-ci seront ensuite rapportés vers la plateforme pour être analysés.

Les chercheurs espèrent que les tensions géopolitiques entre la Russie et l’Occident concernant le cas de l’Ukraine n’empêcheront pas le lancement de la mission qui devrait durer environ cinq ans.