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Puces électroniques : la pénurie touche aussi le spatial

Image d'illustration. Crédits : NASA.

Depuis quelques mois, de nombreux secteurs subissent une pénurie de composants électroniques en raison de l’actuelle crise sanitaire. Parmi eux, nous retrouvons le spatial qui passe après d’autres secteurs pesant davantage sur le marché.

La demande explose

En avril 2021, nous évoquions le fait que la crise actuelle concernant les semi-conducteurs touchait également la production d’appareils électroménagers, en plus des secteurs du jeu vidéo, de l’automobile et de la téléphonie mobile. Comme l’explique Numerama dans un article du 1er août 2021, le secteur spatial souffre aussi. L’ingénieur du Centre National d’Études Spatiales (CNES) Thomas Torloting a expliqué que pour l’instant, le spatial parvenait à faire face. En revanche, ceci pourrait bien ne pas durer. À l’instar d’autres agences dans le monde, le CNES rencontre en ce moment des problèmes d’approvisionnement de composants servant à la construction de nouveaux satellites.

Depuis quelques années, les fabricants de composants électroniques font face à une crise. Il faut dire que le besoin en matières premières est de plus en plus important, comme le silicium pour les puces électroniques ou encore la céramique pour les condensateurs. Or, l’actuelle pandémie de Covid-19 a accentué cette crise. La cause n’est autre que la multiplication des personnes en télétravail, ayant généré une explosion de la demande en matériel informatique.

Les délais ont triplé

Les professionnels ont généralement recours à des fournisseurs fabriquant parfois des matériaux très spéciaux, allant de pair avec une technologie en particulier. En ce qui concerne le spatial, il s’agit souvent de pièces capables de résister à de fortes contraintes en termes de pression, de température, etc. L’objectif est évidemment que le matériel fonctionne correctement tout au long des missions spatiales.

Habituellement, les délais de fabrication des pièces sont de trois à quatre mois. Toutefois, ces mêmes délais sont aujourd’hui d’un an pour le CNES en raison de la crise sanitaire. Cette situation impacte ainsi les délais de certains projets en cours. C’est notamment le cas de Jupiter Icy Moons Explorer (JUICE), une mission de l’ESA vers les satellites naturels de Jupiter dont le lancement est prévu en juin 2022.

semi conducteurs
Crédits : PxHere

Peu d’alternatives

Étant donné que le secteur du spatial n’est pas un « mastodonte », celui-ci passe après d’autres, bien plus gourmands en composants : la téléphonie, l’automobile et les jeux vidéos. La difficulté d’approvisionnement est donc bien réelle, car au moment d’acheter des composants, les trois secteurs les plus importants ont déjà réservé d’importantes productions. Or, les alternatives ne sont pas légion.

Si la solution du stockage en amont apparaît très pertinente, toutes les sociétés n’en sont pas capables, car ceci demande de très importants moyens. De plus, il faut savoir que certains composants peuvent devenir obsolètes avec le temps, chose évidemment impensable pour le secteur spatial. Une autre alternative serait de changer de fournisseurs. La pénurie touche surtout les fournisseurs asiatiques, si bien qu’il est possible de se diriger vers des fabricants aux États-Unis ainsi qu’en Europe. Seulement voilà, les composants sont plus chers et les choix sont plus restreints.