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C’est l’infection au COVID-19 la plus longue jamais enregistrée

Crédits : fernandozhiminaicela/pixabay

Selon un nouveau rapport de cas, au Royaume-Uni, un homme aurait été infecté par le COVID-19 pendant 505 jours, soit plus de seize mois. Ce patient, depuis décédé, était immunodéprimé. Les chercheurs soulignent l’importance d’étudier ce genre de cas, ces infections longue durée pouvant favoriser l’émergence de nouveaux variants.

Le cas de ce malheureux patient vient d’être présenté au Congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses à Lisbonne, au Portugal. Il intégrait une étude portant sur neuf individus souffrant d’infections prolongées au COVID-19, dont le système immunitaire était affaibli en raison d’une transplantation d’organes, d’une infection au VIH, d’un cancer ou de traitements médicaux pour d’autres maladies.

Bien que de telles infections prolongées au COVID-19 soient rares, les chercheurs soulignent l’importance de les étudier, car elles pourraient donner lieu à de nouveaux variants du SRAS-CoV-2. Une infection longue donne en effet plus de temps au virus de développer des mutations susceptibles d’échapper au système immunitaire.

« Certains de ces variants se transmettent plus facilement, provoquent des maladies plus graves ou rendent les vaccins moins efficaces« , détaille le Dr Luke Blagdon Snell, du Guy’s and St Thomas NHS Foundation Trust. « Une théorie avancée est que ces variants viraux évoluent chez des individus dont le système immunitaire est affaibli par une maladie ou autres traitements médicaux, qui peuvent avoir une infection persistante par le SRAS-CoV-2. Nous voulions étudier quelles mutations surviennent et si des variants évoluent chez ces personnes atteintes d’une infection persistante« .

Chez cinq de ces neuf patients, le virus avait effectivement développé au moins l’une de ces mutations.

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Crédits : Engin_Akyurt/pixabay

Nouveau record de longévité

Ces infections ont persisté pendant 73 jours en moyenne, mais deux patients auraient subi une infection persistante pendant plus d’un an, dont un pendant 505 jours. C’est la plus longue infection au COVID-19 signalée à ce jour. Le précédent record était jusqu’à présent détenu par une femme de 47 ans originaire du Maryland (États-Unis), infectée pendant 335 jours.

L’individu, qui souffrait de plusieurs affections sous-jacentes, avait attrapé le virus au début de l’année 2020. Pendant les 72 semaines suivantes, il avait ensuite enchaîné les allers-retours à l’hôpital pour être systématiquement testé positif (PCR) au COVID-19. Le séquençage génétique a montré qu’il s’agissait du même virus provoquant une infection persistante, et non d’une réinfection.

Pour soigner son infection, le patient aurait été traité avec le médicament antiviral Remdesivir, sans succès. Selon le Time, il est finalement décédé à l’hôpital en 2021. Les médecins n’ont pas révélé la cause de sa mort, mais ont souligné que ce dernier patient souffrait d’autres pathologies. Les chercheurs espèrent que davantage de traitements seront développés pour aider ces personnes atteintes d’infections persistantes à vaincre le virus.