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Les moyens de capture du CO2 sauveront-ils le monde ?

Crédits : Carbon Engineering

Selon certains chercheurs, réduire nos émissions de CO2 n’est pas suffisant pour déjouer le dérèglement climatique en cours. Afin de mettre toutes les chances de notre côté, il faudrait démocratiser les moyens de capture de ce même CO2. La technologie existe, mais la question suivante se pose : l’humanité doit-elle massivement parier dessus ?

La technologie existe déjà

Dans un tweet publié le 22 janvier 2021, le patron de SpaceX Elon Musk a déclaré vouloir offrir une récompense de cent millions de dollars. Cet argent se destine à la ou les personnes capables de lui présenter la meilleure technologie de capture du carbone. En effet, bien qu’indispensable, le fait de réduire nos émissions ne serait pas suffisant pour contrer le dérèglement climatique.

L’une des solutions envisagées est donc d’utiliser des technologies de Carbon capture and storage (CCS), c’est-à-dire de capture et de stockage du CO2. Après la collecte dans l’atmosphère, le gaz est ainsi enfoui de façon sûre ou réutilisé dans l’industrie pour divers usages. Depuis quelques mois, cette technique est  d’ailleurs de plus en plus évoquée, certains spécialistes estimant qu’il faut absolument miser là-dessus. Or, cette technologie existe déjà.

Citons par exemple la société Carbon Engineering qui construit des usines équipées de turbines (voir image ci-après). Leur mission est d’aspirer l’air avant de le faire traverser à travers un matériau plastique spécial capable d’emprisonner le CO2. Si ce type de processus est plein de promesses, son coût est malheureusement faramineux. Alors, le monde doit-il investir massivement ?

Une équation très compliquée

Dans une étude parue dans la revue Nature Communications le 14 janvier 2021, des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego (États-Unis) ont tenté d’apporter une réponse. Selon leur analyse, si l’humanité investit entre 1,2 à 1,9 % de son PIB chaque année dans les technologies CCS, il serait possible d’éliminer pas moins de 2,3 gigatonnes de CO2 par an d’ici 2050. Le fait est que cette quantité est quatre cents fois plus importante que les quantités capturées aujourd’hui. En revanche, ceci reste dérisoire face aux quarante gigatonnes de CO2 que produit l’humanité chaque année. En somme, le monde se trouve face à une équation très compliquée.

Les chercheurs étasuniens ont d’ailleurs réalisé leurs calculs en partant du principe suivant : les investissements de l’ensemble des états se feraient avec la même intensité que s’il s’agissait d’un effort de guerre. En prenant comme exemple la détermination qu’ont eue récemment les états à trouver rapidement des vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2, il y a de quoi être optimiste. En revanche, investir dans les CCS demande une prise de conscience rapide et globale, alors que les promesses de résultat ne semblent pas suffisantes.