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La septicémie provoque plus de décès dans le monde que le cancer

Crédits : vitalworks/Pixabay

En 2017, une personne sur cinq dans le monde est décédée à cause d’une septicémie. Cette maladie sous-estimée fait plus de ravages que le cancer.

Jusqu’à présent nous pensions que le cancer était la principale cause de décès dans le monde après les maladies cardiovasculaires. Cependant, une troisième affection sous-estimée vient désormais se glisser entre les deux : la septicémie.

La septicémie est une inflammation généralisée et incontrôlée du corps qui répond à une première infection. Celle-ci peut être cutanée, pulmonaire ou urinaire, par exemple, provoquée par une bactérie ou un virus. Cette inflammation peut alors perturber la circulation sanguine, entraîner une défaillance organique ou encore une baisse dangereuse de la tension artérielle. Les plus fragiles (personnes âgées et enfants) sont généralement les plus touchées.

Jusqu’à présent, nous pensions qu’environ cinq millions de personnes dans le monde succombaient à cette maladie. Néanmoins, ces estimations ont été largement sous-estimées. « La septicémie est généralement considérée comme une cause intermédiaire plutôt que sous-jacente de décès », écrivent les chercheurs dans l’étude. « C’est pourquoi elle n’a pas été correctement prise en compte ».

La deuxième cause de mortalité dans le monde

Pour ces travaux, les chercheurs ont accédé aux dossiers médicaux de millions de personnes dans 195 pays, en se concentrant sur 282 causes sous-jacentes de décès. Ils ont alors cherché à calculer l’impact de la septicémie dans chaque décès. Ces données ne concernaient que l’année 2017. Il est ressorti que cette année-là, 49 millions de personnes dans le monde ont développé une septicémie. En outre, onze millions en sont mortes.

Ces résultats doublent donc le nombre de décès estimés par septicémie et placent cette maladie au deuxième rang des plus mortelles dans le monde, devant le cancer qui tue environ 9,6 millions de personnes chaque année.

septicémie
Crédits: Parentingupstream/Pixabay

De nombreux cas facilement évitables

Il est également ressorti que plus de la moitié des cas de septicémie en 2017 sont survenus chez des enfants. Par ailleurs, les causes sous-jacentes les plus courantes étaient les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires et les troubles maternels (infections après l’accouchement).

Les chercheurs soulignent également que dans de nombreux cas, en particulier dans les pays en développement, ces décès « auraient pu être évités grâce à un meilleur accès aux vaccins (pour réduire le risque des premières infections), à un assainissement amélioré et à une nutrition adéquate pour les enfants et les mères ».

Cependant, si environ 85% des décès par septicémie ont eu lieu dans les pays à faible revenus, les chercheurs notent que les pays les plus développés doivent également faire des efforts, notamment en réduisant les risques d’infections nosocomiales. On note au passage que la septicémie (ou sepsis) fait environ 30 000 victimes en France chaque année.

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