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La future fusée lunaire de la Chine sera réutilisable

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Une Longue Marche 2D lançant le satellite VRSS-1. Crédits : Cristóbal Alvarado Minic

Les concepteurs de fusées du principal institut chinois des lanceurs ont abandonné les plans d’un lanceur super lourd consommable au profit d’une conception comportant un premier étage réutilisable. Imaginez alors une Falcon 9 boostée aux hormones. Ce futur lanceur sera chargé d’envoyer des humains sur la Lune et plus tard vers Mars.

La Chine a fait d’énormes progrès dans le domaine spatial depuis plusieurs années. Désormais, à l’instar de la NASA, elle ambitionne de s’établir durablement sur la Lune, puis sur Mars au début des années 2030. Pour servir cette ambition, les principaux spécialistes des fusées du pays ont commencé à imaginer une énorme fusée dès 2016, nommée Longue Marche 9.

À l’époque, ce lanceur ressemblait plus ou moins à la SLS de la NASA, proposant un étage central et des propulseurs entièrement consommables (non réutilisables), à la différence que les propulseurs chinois devaient être remplis de kérosène et non d’hydrogène liquide.

Ces dernières années, la Chine a cependant commencé à faire évoluer ses plans en constatant les incroyables progrès de SpaceX dans le domaine de la réutilisation de ses boosters. Les responsables chinois ont ainsi régulièrement discuté de la possibilité d’incorporer des éléments réutilisables dans la conception du Longue Marche 9. C’est désormais officialisé.

Un premier étage réutilisable

Liu Bing, qui supervise le développement des véhicules de lancement chinois, a confirmé cette semaine que les plans d’une fusée entièrement consommable avaient été abandonnés au profit d’un unique premier étage réutilisable (exit les boosters latéraux) capable de livrer 150 tonnes métriques de charges en orbite terrestre basse et jusqu’à cinquante tonnes vers la Lune. Comme les premiers étages de Falcon 9, il sera équipé d’ailettes de grille permettant son retour sur Terre.

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Tableau comparatif de neuf lanceurs super lourds classés par hauteur. Crédits : Thorenn/Wikipédia

Le processus de conception reste toutefois encore flou, tandis que plusieurs défis techniques restent encore à relever. L’un d’eux concernera probablement la propulsion. La Chine a en effet récemment effectué un essai à chaud d’un moteur-fusée très puissant alimenté au kérosène, le YF-130, qui est destiné normalement à équiper la fusée Longue Marche 9. Cependant, ce moteur, comptant parmi les plus puissants jamais construits, n’est peut-être pas adapté à la réutilisation.

Rappelons que la fusée Falcon 9 ne rallume qu’un sous-ensemble de ses neuf moteurs lors de la rentrée dans l’atmosphère terrestre. Si elle prend exemple sur SpaceX, il est donc possible que la Chine décide finalement d’utiliser des grappes de moteurs à carburant liquide plus petits, éventuellement basés sur le méthane comme propulseur, à l’instar du Starship.