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Incendies : l’Amazonie brésilienne vit son pire mois de juin depuis presque 15 ans

Crédits : Amazônia Real / Flickr

Chaque année, les nouvelles ne sont pas très bonnes en ce qui concerne la forêt amazonienne. Au Brésil, plus de 2 300 foyers d’incendie ont été détectés en ce mois de juin 2021, un nombre en hausse par rapport à la même période l’an dernier. Toutefois, le record ultime d’incendies pour un mois de juin n’a pas été battu.

Le pire mois de juin depuis 2007

L’année 2020 fut synonyme de record en Amazonie brésilienne. En effet, les incendies y ont progressé de 12,7 % par rapport à 2019, se plaçant à un niveau inédit depuis une décennie. L’an dernier se sont déclarés pas moins de 223 000 incendies sur tout le territoire brésilien, dont plus de 100 000 en Amazonie. Les experts affirmaient alors que les dernières statistiques atteignant ce niveau remontaient à 2010. En avril 2021, la déforestation – toujours en Amazonie brésilienne – a battu un nouveau record. Il est question d’une hausse de 42,5 % par rapport à avril 2020, avec la destruction de 580 kilomètres carrés de forêt tropicale.

Malheureusement, la tendance peu optimiste de l’année 2021 se confirme, comme l’explique France 24 dans un article du 1er juillet. L’Institut National de Recherche spatiale (INPE) au Brésil a détecté 2 308 foyers d’incendie, soit 2,3 % de plus qu’en juin 2020 (2 248). S’il s’agit évidemment d’une mauvaise nouvelle, il faut tout de même savoir que le record ultime du nombre d’incendies pour un mois de juin reste en vigueur. Celui-ci remonte à l’année 2007 avec 3 519 foyers. Néanmoins, le mois de mai de cette année – 1 166 foyers – a battu un record qui avait également été établi en 2017.

incendie Amazonie 2020
Crédits : Amazônia Real / Flickr

Les écologistes ne sont pas surpris

Selon les écologistes brésiliens, ces chiffres confirment une tendance qui serait encouragée par les prises de position du controversé président Jair Bolsonaro. En effet, celui-ci n’a jamais caché son soutien à l’ouverture des activités minières et agricoles en Amazonie. L’ONG locale Instituto Socioambiental (ISA) affirme que les départs de feu ne sont pas une surprise en raison de certaines actions du gouvernement, comme une réduction de 60 % du budget de la surveillance des incendies pour 2021. Les organismes de contrôle disposent donc de moyens inférieurs et les criminels ont davantage le loisir d’œuvrer en toute illégalité.

Cette semaine, le gouvernement brésilien a publié un décret interdisant les brûlis durant quatre mois et a envoyé l’armée afin de lutter contre la déforestation et l’exploitation minière illégale. Néanmoins, Greenpeace Brésil rappelle que ce genre de stratégie n’est pas une nouveauté et surtout, n’a jamais porté ses fruits par le passé. Rappelons tout de même les engagements de Jair Bolsonaro. L’intéressé a affirmé vouloir éliminer toute activité de déforestation illégale au Brésil d’ici à 2030. Il semble que nous sommes très loin du compte, surtout que le chef d’État n’a jamais annoncé de mesures concrètes à la hauteur de l’objectif.