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Un rhinocéros laineux de plus de 30 000 ans découvert en Sibérie

Crédits : Valery Plotnikov / Département d'étude de la faune des mammifères à l'Académie des sciences de Yakoutie

Une équipe de chercheurs annonce la découverte d’un nouveau rhinocéros laineux bien conservé de la période glaciaire révélé par la fonte du pergélisol dans l’extrême nord de la Russie. Certains de ses organes internes sont encore intacts.

De nombreuses créatures congelées depuis des milliers d’années ont émergé du pergélisol sibérien au cours de ces dernières années à mesure qu’il se réchauffe. Citons, par exemple, la découverte récente d’une tête de loup vieille de 40 000 ans, d’un poulain vieux de 42 000 ans ou encore d’un lionceau des cavernes éteint il y a environ 50 000 ans. Par ailleurs, des mammouths sont également régulièrement retrouvés.

Les médias russes rapportent cette fois la découverte d’un jeune rhinocéros laineux en Yakoutie. Sa dépouille aurait été retrouvée en août dernier au bord de la rivière Tirekhtyakh, dans le district d’Abyisk. D’après les premiers rapports, ce spécimen mâle baptisé Sasha serait mort vers l’âge de trois ou quatre ans, il y a entre 30 000 et 35 000 ans.

C’est également l’un des rhinocéros laineux de la période glaciaire les mieux préservés trouvés à ce jour. La carcasse propose en effet des tissus mous encore intacts, y compris une partie des intestins, des poils épais et un morceau de graisse. Sa corne a également été trouvée à côté.

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Cette photo prise en août 2020 montre la carcasse du rhinocéros laineux, prise en Yakoutie. Crédits : Valery Plotnikov / Département d’étude de la faune des mammifères à l’Académie des sciences de Yakoutie.

Une année riche en découvertes

Au cours de cette année 2020, la fonte du pergélisol sibérien aura également permis la découverte de deux ours des cavernes. Le premier est un adulte repéré sur l’île sibérienne de Bolchoï Lyakhovsky par des éleveurs de rennes. Le second est un ourson retrouvé non loin du premier. Les deux spécimens sont incroyablement bien préservés et tous leurs organes internes sont en place. Leur truffe et leur pelage sont également intacts.

En février dernier, des chercheurs ont également révélé la découverte d’un oiseau congelé dans le pergélisol sibérien depuis au moins 46 000 ans. Et là encore, il était en parfait état de conservation avec ses plumes, ses griffes, sa peau et des tissus mous intacts.

Les chercheurs ont également réussi à extraire suffisamment de son ADN pour comprendre qu’il s’agissait d’une ancienne espèce de passereau. Il pourrait également s’agir d’un ancêtre de deux sous-espèces d’alouettes retrouvées de nos jours dans le nord de la Russie et en Mongolie. Pour en être sûrs, les chercheurs vont en revanche devoir entièrement séquencer son génome.