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Comment sont morts les tout derniers mammouths laineux de la planète ?

Crédits : Wikimedia Commons

Les tout derniers mammouths laineux, réfugiés sur l’île Wrangel, au nord de la Russie, se sont éteints brutalement il y a environ 4 000 ans. Des chercheurs ont tenté d’expliquer les raisons de cette extinction.

Toutes les populations de mammouths laineux (Mammuthus primigenius) ne se sont pas éteintes en même temps. Nous savons que la plupart ont disparu il y a environ 10 000 ans, en Eurasie et en Amérique du Nord. Principalement à cause des changements environnementaux et de la pression humaine. Certaines populations ont néanmoins continué à prospérer sur l’île Saint-Paul, au large de l’Alaska, jusqu’à il y a environ 5 700 ans. Mais depuis quelques années, nous savons que le tout dernier bastion des mammouths était l’île Wrangel, au nord de la Russie, où ils se sont éteints il y a environ 4 000 ans.

Une disparition brutale

Sur la base des archives, nous savons également que cette extinction a été plutôt brutale. Elle ne s’est pas faite du jour au lendemain, mais presque. Pourquoi ? Des chercheurs ont récemment tenté de répondre à cette question.

Pour ce faire, ils ont analysé plusieurs dents et os de ces anciens pachydermes en se concentrant sur certains isotopes. Ces analyses permettent en effet de rendre compte de l’évolution du régime alimentaire de ces anciens animaux, et donc des conditions environnementales qui régnaient à l’époque.

C’est notamment grâce à ces isotopes que nous savons, aujourd’hui, qu’un changement radical des conditions environnementales a eu raison des mammouths laineux, ailleurs dans le monde. En plus de la prédation de l’Homme, qui n’arrangeait rien. Mais en étudiant les isotopes de carbone, d’azote, de soufre et de strontium dans les restes de mammouths isolés sur l’île Wrangel, Laura Arppe et son équipe, du Musée finlandais d’histoire naturelle, n’ont pas observé la même chose.

Autrement dit, les isotopes ont révélé que les conditions environnementales étaient plus clémentes sur cette île il y a 10 000 ans, comparés aux autres régions du monde où évoluaient les mammouths. Les animaux de cette île n’ont alors pas développé de métabolisme permettant de puiser dans les graisses pour survivre pendant les hivers les plus rigoureux. Parce qu’ils n’en avaient pas l’utilité.

Jusqu’au jour où, malheureusement, ils en ont eu besoin.

dent mammouth
Une dent de mammouth retrouvée au bord d’une rivière sur l’île Wrangel. Crédits : Juha Karhu

Un événement météorologique extrême

Les chercheurs estiment en effet qu’un phénomène météorologique de courte durée a précipité la mort de ces mammouths.

Il a en effet été constaté que le substrat rocheux s’est considérablement altéré il y a environ 4 000 ans. Ce qui suggère des précipitations violentes. Un hiver très rigoureux aurait ensuite mené toute cette eau à se transformer en glace, empêchant les mammouths d’accéder à la nourriture. C’est d’ailleurs exactement ce qu’il s’est passé récemment pour les rennes du Svalbard, en Norvège.

Les mammouths de l’île Wrangel n’ayant pas été capables de puiser dans leurs réserves de graisse, comme les autres, il est donc très probable que la plupart soient morts de faim.

L’altération du substrat rocheux, à cause des pluies violentes, aurait également pu avoir une incidence sur la qualité de l’eau douce disponible. Ces mammouths isolés étaient par ailleurs exposés aux problèmes de consanguinité, ce qui n’a rien arrangé.

Au final, toutes ces raisons pourraient expliquer la disparition des derniers membres de cette espèce emblématique.

Les chercheurs n’écartent pas non plus une influence humaine. Même si les données fossiles suggèrent que nos ancêtres ne sont arrivés sur l’île Wrangel qu’après la mort du dernier mammouth.

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