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Le pare-soleil du James Webb Telescope se déploie avec succès

Crédits : Wikimedia Commons / Kevin Gill

De la taille d’un court de tennis, le pare-soleil à cinq couches du James Webb Telescope a récemment été déployé avec succès dans les installations de la NASA. Cette étape importante nous rapproche de son lancement prévu l’année prochaine.

Le télescope James Webb est l’un des observatoire spatial les plus attendus, avec un lancement normalement prévu en octobre prochain. Positionné autour du point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre du côté opposé au Soleil, ce digne “successeur de Hubble” sera en mesure de sonder l’Univers primitif comme jamais auparavant. Le télescope sera également capable de mesurer la composition d’atmosphères d’exoplanètes proches. De cette manière, les astronomes pourront alors estimer leur degré d’habitabilité.

Naturellement, avant de libérer un tel bijou dans l’espace, mieux vaut s’assurer que tout fonctionne normalement. En avril dernier, les ingénieurs de la NASA ont ainsi déployé avec succès la pièce maîtresse de cet instrument tant attendu : son gigantesque miroir principal. Des tests opérés cet été visaient de leur côté à s’assurer que l’observatoire répondrait bien aux commandes une fois dans l’espace. Là encore, tout s’est déroulé sans accroc.

Plus récemment, les ingénieurs ont effectué une dernière série de tests de déploiement et de tension à grande échelle du pare-soleil à cinq couches du télescope.

Rester le plus au frais possible

Le JWT, on le rappelle, sera entièrement concentré sur les longueurs d’ondes infrarouges, largement invisibles aux yeux humains. Le problème est qu’il est très compliqué de “voir le cosmos” en infrarouge depuis le sol terrestre à cause de la pollution lumineuse émanant de la chaleur. Tout, du corps humain à la planète, renvoie en effet de la chaleur.

C’est pourquoi le James Webb Telescope sera placé à environ 1,5 million de kilomètres. Mais là encore, l’instrument devra faire face à une très importante source de chaleur : celle du Soleil.

Pour y faire face, les ingénieurs de la NASA ont donc imaginé un pare-soleil de 22 mètres de long sur 11 mètres de large, composé de cinq couches très fines de matériaux extrêmement réfléchissants. Cette incroyable structure devrait permettre de maintenir le télescope à l’ombre, à des températures avoisinant les -223 °C. Notez que certains des instruments à bord seront également maintenu au frais (-258 °C) grâce à un système de refroidissement actif.

Pendant ces tests, les ingénieurs ont envoyé une série de commandes au télescope qui, en réponse, a activé 139 actionneurs, huit moteurs et des milliers d’autres composants pour déplier et étirer les cinq membranes de son pare-soleil. L’un des principaux défis de ce test était de pouvoir le déplier dans l’environnement de gravité terrestre, qui provoque des frottements. Ceci dit, tout s’est très bien passé.

james webb telescope
Les techniciens inspectent soigneusement le pare-soleil du télescope spatial James Webb avant le début des tests de déploiement. Crédit: Crédits: NASA / Chris Gunn

L’équipe se prépare maintenant pour les derniers tests de déploiement post-environnemental avant l’expédition du télescope vers le site de lancement l’été prochain (Guyane). Ce pare-soleil sera alors replié autour de deux côtés de l’observatoire qui, on le rappelle, sera placé dans un lanceur Ariane 5, fourni par l’Agence spatiale européenne.