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Covid-19 : 30 à 45 % des asymptomatiques ne sont pas à l’abri de séquelles pulmonaires

Crédits : enriquelopezgarre/Pixabay

Une étude récente menée aux États-Unis estime entre 40 et 45 % la part des personnes infectées par le Covid-19 ne présentant aucun symptôme. Or, ces dernières peuvent elles aussi avoir des dommages au niveau des poumons. Selon les médecins, il s’agit de séquelles qu’il est seulement possible de voir via une technique d’imagerie médicale.

Une part importante d’asymptomatiques

La méta-étude menée par un duo de chercheurs du Scripps Research Translational Institute (États-Unis) et publiée dans la revue Annals of Internal Medicine le 3 juin 2020 n’a rien de rassurant. Après avoir examiné les données de 16 groupes de malades aux quatre coins du monde, les chercheurs sont en effet arrivés à la conclusion que les personnes asymptomatiques peuvent également présenter des séquelles au niveau des poumons. Parmi les cohortes de patients examinés, nous retrouvons notamment des malades du navire Diamond Princess (Japon) et du porte-avions français Charles de Gaulle (France). Citons aussi la petite ville de Vo’ (Italie) ainsi qu’un refuge pour sans-abris à Los Angeles (États-Unis).

En outre, la part des asymptomatiques (qui ne présentent aucun symptôme) dans une population d’infectés semble très importante : entre 40 et 45% selon les données récoltées. Toutefois, les chercheurs ont évoqué une difficulté venant perturber ces résultats. En effet, il est compliqué de différencier les personnes asymptomatiques des pré-symptomatiques, à savoir celles qui n’ont pas encore de symptômes, mais qui vont en développer par la suite. Ainsi selon les chercheurs, il est plus prudent d’estimer entre 30 et 45 % la part d’asymptomatiques dans une population d’infectés.

Des déficits subtils de la fonction pulmonaire

Dans le cas des malades du Diamond Princess, 54% des 76 personnes asymptomatiques ayant fait l’objet d’un examen présentaient des anomalies aux poumons. Elles avaient été examinées au moyen de la tomographie, une technique d’imagerie très utilisée en imagerie médicale. Sur une autre cohorte de dix personnes asymptomatiques examinées en Corée du Sud (prépublication), toutes présentaient des anomalies.

Les chercheurs ont évoqué des anomalies de nature subclinique. Autrement dit, il est possible que le Covid-19 engendre des “déficits subtils de la fonction pulmonaire qui pourraient ne pas être immédiatement apparents”. Il est toutefois nécessaire de mener de plus amples recherches afin de pouvoir soutenir cette conclusion avec davantage de certitudes.

Enfin, la méta-étude rappelle que les personnes asymptomatiques sont également contagieuses, et ce, parfois même au-delà de quatorze jours. S’il apparaît impossible de pouvoir tester l’ensemble des individus dans un pays pour déceler les asymptomatiques, le meilleur moyen de limiter la contagion au sein d’une population donnée reste donc le port du masque de protection.