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Amazonie : L’équivalent “d’un million de terrains de football” perdus en un an

Déforestation dans la forêt atlantique, ici au Paraguay. Crédits : WWF

En Amazonie, la déforestation atteint un niveau inégalé depuis dix ans, révèlent les chiffres du ministère brésilien de l’Environnement. Rien qu’en un an, l’équivalent « d’un million de terrains de football » aurait été défraîchi.

La déforestation au Brésil se serait accrue de 13,72 % entre août 2017 et juillet 2018, selon des chiffres officiels récemment publiés par le ministère brésilien de l’Environnement. La couverture forestière déboisée durant cette période est estimée à environ 7 900 km2 – soit l’équivalent de 5,2 fois la ville de Sao Paulo, ou encore « un million de terrains de football », selon Greenpeace (987 000 terrains de football, plus exactement).

« Ça va s’aggraver »

« C’est beaucoup de forêt détruite, a déclaré Marcio Astrini, coordinateur des politiques publiques de Greenpeace au Brésil. La situation est très préoccupante… Et ça va s’aggraver ». De son côté, le ministre de l’Environnement Edson Duarte note la nécessité « d’accroître la mobilisation de tous les niveaux de gouvernement, de la société et du secteur productif pour lutter contre les activités environnementales illicites ». Mais le gouvernement brésilien ne semble pas être sur la même longueur d’onde.

Après avoir diminué pendant plusieurs années, on a en effet en observé une ré-augmentation de la couverture forestière déboisée dès 2013. À cette époque, la Présidente Dilma Rousseff était au pouvoir. Destituée en 2016, son ancien vice-président Michel Temer a alors pris le pouvoir. Malheureusement ce dernier a continué de légiférer en faveur du secteur agroalimentaire. Les défenseurs de l’environnement craignent aujourd’hui que la situation ne s’aggrave davantage dès l’investiture en janvier prochain du nouveau président élu Jair Bolsonaro (soutenu par les lobbys agro-alimentaires).

Amazonie forêt
Crédits : Wikimedia Commons.

La menace Bolsonaro

Rappelons que début septembre, Jair Bolsonaro avait en effet menacé de sortir de l’Accord sur le climat s’il était élu. Une menace qui venait en réponse à la mise en place d’un projet de couloir écologique transnational baptisé « Triple A ». Ce projet prévoit l’ouverture d’une zone de protection environnementale allant des Andes à l’océan Atlantique, tout en traversant l’Amazonie. Il s’est depuis (légèrement) ravisé, notant que le Brésil maintiendrait sa signature, mais sous conditions : « Si on m’écrit noir sur blanc qu’il n’est pas question de “triple A”, pas plus que de l’indépendance d’une quelconque terre indienne, je maintiens (le Brésil dans) l’Accord de Paris », a-t-il récemment déclaré lors d’une conférence de presse à Rio de Janeiro.

L’Amazonie proche du point de non-retour

Notons que l’Observatoire du climat (Observatório do Clima), réseau à but non lucratif dédié au changement climatique, rapportait l’année dernière que 46 % des émissions de gaz à effet de serre du Brésil étaient dues à la déforestation. Une nouvelle étude publiée en février dernier dans la revue Science Advances révélait par ailleurs que 17 % de la forêt amazonienne avaient disparu ces 50 dernières années. Certains experts affirment que passé les 20 %, la forêt amazonienne pourrait atteindre le point de non-retour.

La principale raison de cette incroyable déforestation reste aujourd’hui l’élevage intensif. Des pans entiers de forêts sont en effet rasés en Amazonie soit pou y installer des bovins, soit afin d’y faire pousser du soja destiné en grande partie à nourrir ces animaux.

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