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L’industrie de la viande et des produits laitiers pollue aujourd’hui plus que les transports

Crédits : iStock

L’industrie de la viande et des produits laitiers produit maintenant plus d’émissions de gaz à effet de serre dans le monde que l’industrie du transport. Pour avoir une chance d’échapper au réchauffement climatique, nous devons radicalement changer la façon dont nous produisons et consommons des « produits animaux ».

Tandis que les autorités mettent en place des solutions pour lutter contre les émissions produites par les énergies fossiles, celles issues de l’élevage intensif sont généralement laissées de côté. Et pourtant. Nous vivons en effet aujourd’hui dans un monde où un simple hamburger commandé au restaurant est un plus gros problème environnemental que la voiture à essence que vous avez conduite pour venir manger.

Selon un rapport récemment publié par GRAIN, l’Institut pour la politique agricole et  commerciale (IATP) et la Fondation Heinrich Böll, ces trois seuls trois producteurs de viande – JBS, Cargill et Tyson – ont généré plus de gaz à effet de serre en 2016 que toute la France. Ces niveaux d’émission rivalisent avec ceux d’Exxon, de BP et d’autres grandes compagnies pétrolières. Les émissions combinées des 20 principaux producteurs de viande et de produits laitiers dépassent celles de l’Allemagne, le plus grand pollueur de toute l’Europe.

La production animale représente aujourd’hui au moins 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est plus que l’industrie du transport, et l’impact sur notre environnement pourrait être catastrophique. « Sans s’attaquer à cette croissance massive de la viande et des produits laitiers industriels, nous nous dirigeons vers un réchauffement de la planète intenable pour les humains », note Shefali Sharma, directrice du bureau européen de l’IATP.

Le monde entier n’a pas besoin de devenir végétalien pour lutter contre ces problèmes environnementaux. J’entends d’ici les dents qui grincent. Cependant particuliers, entreprises et gouvernements doivent aujourd’hui être prêts à apporter des changements majeurs dans leur mode d’alimentation. « Si nous voulons sérieusement réduire nos émissions mondiales de gaz à effet de serre à des niveaux capables de soutenir l’humanité, nous devrons changer radicalement notre façon de produire et de consommer de la viande », poursuit-elle.

Les personnes qui mangent le plus de viande et de produits laitiers vivent aujourd’hui dans les pays riches, ou appartiennent aux classes moyennes et supérieures des pays en développement. En plus de participer indirectement (entendez pour la plupart, sans en avoir conscience) au réchauffement accéléré de la planète, les plus gros consommateurs de « produits animaux » souffrent aujourd’hui d’obésité et de maladies cardio-vasculaires. «Passer à de la viande artificielle cultivée en laboratoire pourrait aider à satisfaire durablement l’appétit du monde pour la viande, tant qu’il est sain et que la production n’est pas monopolisée par quelques grandes entreprises», note Shefali Sharma.

Sharma suggère également que les fonds publics soient détournés de l’industrie de la viande et des produits laitiers vers les petits producteurs. Cela permettra à ces derniers de faire plus que d’assumer leurs coûts, tandis que les consommateurs bénéficieront d’aliments sains et de bonne qualité qui ne détruiront pas (ou moins) l’environnement. Ces mesures sont-elles applicables ? Compliqué. En fin de compte, chaque changement commence au niveau individuel. Que ce soit par souci des conséquences désastreuses pour l’environnement, ou de manière plus empathique pour améliorer le bien-être animal, ce sont les choix de chacun qui pourront, in fine, modifier les comportements de masse.

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